"Bernard, si tu reviens, on annule tout!", nouvelle déclaration de Libé à Arnault

Décidément, Libération a des choses à dire à Bernard Arnault. Après lui avoir demandé lundi de "se casser", le quotidien lui demande finalement de "revenir".

Une façon de dire au milliardaire qu'il peut toujours revenir en France ? Ou une manière de répondre à la plainte qu'il a déposée contre Libération ? Lundi, un communiqué de presse a en effet annoncé : "Bernard Arnault n'a d'autre choix, compte tenu de l'extrême vulgarité et de la violence du titre du quotidien en date du 10 septembre 2012, que d'assigner le journal Libération en justice."

La publicité en question

Cette nouvelle provocation du quotidien s'affiche sur une entièrement aux couleurs d'Yves Saint-Laurent. Or Yves Saint-Laurent appartenait jusqu'en 2008 à au groupe dirigé par François-Henri Pinault, PPR, rival de LVMH, le groupe de Bernard Arnault. Depuis 2008, la division parfum de la marque appartient à L'Oréal mais reste concurrente des marques du groupe LVMH. Cependant, cette petite attaque publicitaire n'a rien de volontaire, la campagne YSL étant prévue depuis longtemps par la régie publicitaire du quotidien.

Pour le Huffington Post, cette déclaration à Bernard Arnault peut aussi être "une incitation à ne pas annuler les campagnes de publicité de LVMH, le plus gros annonceur de France, dans le quotidien". D'après le site, il est déjà arrivé que LVMH supprime des campagnes de publicité dans des médias qui s'en sont pris à Bernard Arnault.

Le quotidien français L'Express affirme mardi que le Libération a perdu près de 500 000 euros de publicité, "conséquence directe" de la une de lundi. D'après le journal, de nombreux annonceurs ont décidé "de suspendre ou d'annuler purement et simplement leurs campagnes en revisitant leurs plans média".

La polémique "Casse-toi, riche con !"

Lundi, Libération avait repris en une la célèbre formule de l'ancien président français, "Casse-toi pauv' con" pour s'adresser au milliardaire. Cette une a provoqué de nombreux débats en France et notamment sur Twitter.

Pour le principal actionnaire du journal, le baron Edouard de Rothschild, "c'est tout à fait dans le style provocant de Libération et j'ai pensé que c'était une très belle opération marketing. Ça me paraît dans la droite ligne de ce que Libération doit faire et doit être".

Seulement voilà, un journal qui a pour principal actionnaire le baron de Rothschild peut-il se permettre d'insulter les "riches cons" ? Certains internautes, à l'image du site d'information Bakchich, n'ont d'ailleurs pas hésité à rappeler que l'actionnaire principal de Libération a demandé la nationalité israélienne il y a deux ans, demande qui peut "procurer un certain nombre de stimulants avantages fiscaux".

Ce mardi, le journal Les Echos, propriété de Bernard Arnault n'est pas revenu sur l'affaire. Dans le quotidien d'actualité économique daté de lundi, une pleine page était consacrée à l'affaire qui "embrase la classe politique" française.

C. A.

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