Benoît Sokal : la mort d'un des grands noms du neuvième art !

Il allait avoir 67 ans… Et il laisse derrière lui une carrière assez exceptionnelle, d’une vraie continuité, en dehors des modes et de leurs diktats.

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Il est le créateur de Canardo, un flic privé toujours désabusé, au regard flou posé sur le flou d’un monde qui ressemble profondément au nôtre. Avant lui, les bandes dessinées qui mettaient en scène des animaux humanisés existaient déjà. Mais il a insufflé à cette catégorie de bd un souffle sombre, puissant, dans une sorte de filiation avec Chandler ou Malet, avec, de manière générale, le roman noir.

C’est dans la mythique revue " A Suivre " que cet anti-héros de papier a vu le jour, à la fin des années 70 pour vivre plus de 25 aventures, ensuite, de plus en plus centrées sur notre société et ses dérives, politique et déshumanisantes.

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Mais il a été l’auteur, également, d’albums différents, avec des personnages auxquels son trait tout en souplesse donnait vie, donnait chair…

Je pense à Sanguine, à Kraa, à Syberia.

Je pense aussi à l’intérêt qu’il a porté, bien avant tout le monde, aux jeux vidéo… Un intérêt qui l’a amené à en être un créateur reconnu.

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S’il fallait trouver un point commun à l’œuvre de cet artiste, je pense qu’un seul mot pourrait le définir : plaisir… Jamais dans ses livres on ne ressent une fatigue, une obligation…

Un esprit libre, un homme libre, une bande dessinée libérée des carcans de la " bonne pensée "…

Voilà ce qu’étaient Benoît Sokal et son œuvre, à lire, à relire, à redécouvrir sans cesse…

Un homme passionné et passionnant, que j’ai eu le plaisir de rencontrer, plusieurs fois… Un homme qui savait ce que parler voulait dire, qui savait ce que dessiner pouvait véhiculer comme idées, qui était profondément humaniste…

 

Jacques Schraûwen

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