Basta piège la Sabam pour dénoncer son fonctionnement

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Pour sa troisième émission, et après le Call TV, l'équipe de l'émission de la VRT Basta continue à frapper fort. Elle s'attaque cette fois à la Société Belge des Auteurs, Compositeurs et Editeurs (Sabam) qu'elle traite de "maquereau des artistes".

Après les pratiques douteuses des Call TV, ce sont les dérives de la Sabam qui ont été dénoncées, ce lundi soir, dans le nouveau programme satirique de la télévision publique flamande.

Avec beaucoup d'humour, l'équipe de l'émission s'interroge sur les droits de perception de cette société qui, ces dernières années, taxe les secteurs d'activités comme les médecins généralistes, les crématoriums ou encore les baraques à frites.

Basta, à l'imagination foisonnante, met ainsi en scène des situations burlesques lors desquelles les membres de l'équipe appellent réellement la Sabam pour demander s'ils doivent payer dans tel ou tel cas. Par exemple, lorsque l'on prend quelqu'un en stop alors qu'on écoute de la musique ou si la sonnerie de notre GSM est une musique et que le téléphone sonne alors qu'on est dans le train.

Grâce à des écoutes téléphoniques enregistrées et à des caméras cachées, on découvre ainsi les limites des règles édictées par la Sabam et donc de son fonctionnement. C'est le cas notamment des critères qui déterminent le montant des factures.

Mini fête, mini prix

Comme autre cas de figure, on voit dans l'émission une fête "payante' organisée par Basta sur les quatre paliers d'un escalier d'un immeuble dont la superficie totale ne dépasse pas les 4 m2 (0,99 m2 par pallier) et donc normalement libre de droits. Mais la visite "inopinée" d'un vrai contrôleur de la Sabam montre que dans les faits, cela n'est pas exact et la joyeuse équipe s'en tire avec une facture d'un peu plus de 82 euros. Le plus drôle étant cette réflexion du contrôleur : "Cela fait 26 ans que je travaille à la Sabam et je n'avais encore jamais vu cela".

Des artistes inventés et une facture de plus de 500 euros

Le comble du comble, c'est lorsque l'équipe de Basta invente des noms d'artistes (en prenant des noms de marques de la grande distribution) et des noms de chansons qui seront, soi-disant, diffusées lors d'une fête. La liste est envoyée à la Sabam pour savoir si elle doit payer des droits sachant que la diffusion d'une oeuvre d'un artiste non enregistré au sein de la société, est libre de droit. La réponse leur arrive sous forme d'une facture s'élevant à 542,74 euros.

En réponse, l'équipe de Basta se rend au siège de la Sabam pour faire enregistrer leurs nouveaux artistes, à mourir de rire.

Réaction de la Sabam

Dès la diffusion du programme, la Sabam a tenu à réagir. Dans un communiqué, elle affirme que les droits perçus pour les "faux artistes" auraient été remboursés après un contrôle qui "serait de toute façon intervenu ultérieurement lors de la répartition des fonds aux ayants droit".

Elle précise également "que dans les secteurs d'activités où cela est possible, elle a donné ces dernières années la priorité à des solutions négociées sur base de critères objectifs. Plusieurs accords ont ainsi été signés avec le secteur de la petite enfance, les maisons de jeunes, les festivals de musique, le secteur à profit social, le secteur Horeca, le monde entrepreneurial, etc".

Depuis 2010, elle ne perçoit plus de droits d'auteurs pour la diffusion de musique chez les gardiennes d'enfants, ajoute-t-elle.

La Sabam souligne encore "la modernisation en cours de ses activités qui vise notamment à améliorer sa transparence et son efficacité".

 

C. Biourge

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