Bande Dessinée : un début de déconfinement, quelques conseils de lecture !

Baudelaire
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Baudelaire - © Yslaire

La culture, ces dernières années, était déjà le parent pauvre de la plupart des politiques européennes. Avec la crise sanitaire actuelle, c’est encore pire, même si, de ci de là, des aides sont promises aux artistes, au sens large du terme.

Et dans le monde de la cuture, la bande dessinée était déjà en difficulté, à preuve les manifestations des auteurs lors du salon international d’Angoulème, et la récupération de ce mouvement de grogne par quelques auteurs, Jul entre autres, soucieux d’abord de se mettre en avant eux-mêmes.

Qui est-ce qui va payer les pots cassés ? Les petits éditeurs, ceux qui d’année en année osent des publications qui ne sont pas " grand public ". Je pense que les auteurs reconnus, ceux qui se vendent, ne doivent pas se faire du souci, leurs livres vont aider les grands éditeurs à se remettre à flots… Par contre, pas mal d’auteurs moins " vendeurs ", ne roulant déjà pas sur l’or, vont être, eux, les laissés pour compte de cette crise, c’est certain !

Cela ne veut pas dire qu’il y a peu à attendre de novateur, de puissant, de cette " nouvelle rentrée littéraire " dessinée ! La BD est vivante, elle est une des parties importantes de l’édition, et la qualité est heureusement souvent au rendez-vous. Et cela va être encore le cas pour quelques sorties annoncées ou qui sont déjà sur les étals des libraires.

D’abord, chez Dupuis, le nouveau " Femmes en blanc ", de Cauvin et Bercovici… C’est de circonstance, et l’humour de Cauvin s’y révèle quelque peu plus caustique que d’habitude.

Chez Dupuis, aussi, il y a le très attendu livre consacré à Baudelaire par Yslaire. Je n’en ai encore vu que quelques extraits, mais cela promet !...

Dans un autre style, j’attends de retrouver chez Dargaud Lauffray un dessinateur réaliste de très grande tenue, avec un livre intitulé Raven. Je me plongerai aussi avec plaisir dans le deuxième tome de Charlotte impératrice, de Nury et Bonhomme, en espérant qu’il n’y aura pas d’anachronisme comme dans le premier volume.

Chez Delcourt, Zabus et Campi nous plongent, avec L’éveil, dans un livre totalement artistique, comme l’était leur précédente collaboration, Magritte.

Chez Paquet, j’attends la sortie d’un livre un peu plus pointu sans doute, Tempête sur cuba de Agustin ferrer casas. Au Lombard, un livre m’attire, les omniscients, nous parlant d’un pouvoir absolu donné à un groupe d’ados

Au Lombard, les omniscients, nous parlant d’un pouvoir absolu donné à un groupe d’ados. Enfin, chez Casterman, il va y avoir la suite du mythique Transperceneige, scénarisé cette fois par Matz.

Cela dit, je pense qu’il ait soutenir à tout prix les " petites structures éditoriales ".

Chez Sarbacane, " Le souffle des femmes ", de Manguin et Becq nous emmène dans le Japon des années 60, avec des réalités sociologiques qui régentent les rôles sociaux, qui régit la place de la femme, l’ambiguïté de la nudité.

Chez Mosquito, il faut absolument lire et admirer un livre de Toppi, un des dessinateurs les plus importants de la bande dessinée italienne ! Cela s’appelle Köllwitz, et c’est à ne pas rater !

 

Jacques Schraûwen