Bande Dessinée : Ne m'oublie pas – Une grand-mère, sa petite fille, et la maladie…

Un livre qui nous parle, au-delà de la maladie d’Alzheimer, de ce qui nous est essentiel, notre humanité ! Un petit bijou d’intelligence, une réussite absolue !

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Bande Dessinée : Ne m’oublie pas – Une grand-mère, sa petite fille, et la maladie… © Tous droits réservés

C’est cette maladie terrible qui est en trame de fond pendant tout le récit que nous offre la jeune auteure belge Alix Garin.

Clémence est une jeune fille qui veut devenir actrice, comédienne. Elle reçoit un jour, alors qu’elle lit du Diderot, un sms de sa mère, qui lui dit que sa grand-mère, placée en home, a fugué.

Mamy va devoir être mise sous médicaments pour que cela ne se reproduise plus. La mère de Clémence l’accepte, mais Clémence se révolte, comme la révolte cette maladie qui fait qu’un être humain ne se reconnaît plus.

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ne m'oublie pas © le lombard

Cette grand-mère, Mamy, croit que ses parents l’attendent dans la maison de son enfance. Et Clémence décide, sans réfléchir, d’accompagner sa grand-mère dans un voyage vers son enfance, une fugue à deux, loin de la maladie, loin des médecins, loin de l’inéluctable. Et ce livre est le récit au jour le jour de cette bal(l)ade à deux. C’est une road-bd… C’est surtout un livre d’une superbe émotion, tant dans sa construction que dans son dessin.

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Bande Dessinée : Ne m'oublie pas – Une grand-mère, sa petite fille, et la maladie… © Tous droits réservés

Mais ce livre va au-delà de la simple maladie.

En effet. C’est un livre extrêmement personnel.

C’est un livre émouvant.

C’est un livre dans lequel l’auteure se dévoile.  

C’est un livre sur la différence et la nécessité de l’assumer. Sexuellement aussi.

C’est un livre qui aurait pu être impudique, à certains moments, mais un des talents d’Alix Garin, c’est la profondeur tranquille de sa réflexion, c’est la pudeur de ses propos, donc de ses images.

Ce livre est à la fois une " road-bd " et une œuvre d’introspection poétique. Tant dans le texte que dans le dessin.

Ce premier livre d’une jeune artiste belge est un chef d’œuvre, croyez-moi.

Pour tous ceux qui ont côtoyé la maladie d’Alzheimer, certainement, mais pour toutes celles et tous ceux, aussi, qui aiment que la bande dessinée ose s’aventurer dans les méandres de l’âme humaine ! Et le fasse avec un sens aigu de l’humain, d’abord, avant tout !

 

Jacques Schraûwen

Ne m’oublie pas (auteure : Alix Garin – éditeur : Le Lombard – 220 pages – janvier 2021) 

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