Bande Dessinée : deux lectures pour les vacances, des femmes en blanc et des sorcières !

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BD - © Dupuis et Gallimard

Voici donc un mois d’août qui commence, un mois de vacances… L’occasion de se plonger, sur la plage ou sur sa terrasse, dans deux bandes dessinées récentes…

Les Femmes En Blanc

Le premier de ces livres fait partie de ces séries de bande dessinée populaire qui, depuis bien longtemps, se trouvent chaque année sur les étalages de toutes les librairies. Une série bd consacrée à un métier dont on parle énormément ces temps-ci, celui des infirmières (et infirmiers). Sont-ils, comme on nous le dit et le répète à l’envi, des héros ? Non… Ou plutôt, pas plus qu’il y a un an, ou deux, ou trois. Ce métier est un métier de passion, un métier humaniste, dans le sens premier du terme, un métier que ces dernières années ont vu se déprécier par la grâce de budgets destructeurs. Alors, oui, les infirmiers d’aujourd’hui comme ceux d’hier sont des personnes essentielles dans la viabilité sociale d’un pays ! Et espérons qu’il en sera encore ainsi après la pandémie !

Donc, je propose à votre curiosité le tome 42 des Femmes en Blanc, de Bercovici au dessin et de Cauvin au scénario. On y parle, comme dans les 41 tomes précédents, des difficultés quotidiennes du métier infirmier. On le fait, toujours comme dans les 41 tomes précédents, avec humour.

Un humour qui peut aussi se révéler noir, comme dans la première petite histoire, qui nous montre le rêve d’une infirmière proche de la retraite … Elle s’imagine interviewée, elle raconte sa vie, son passage de service en service, et, dans ce rêve, elle affirme qu’elle va merveilleusement bien, quelle va pouvoir profiter d’une généreuse pension de retraite, qu’elle est heureuse, comblée et libre… Et puis, c’est le réveil… et la certitude que la généreuse pension ne sera jamais un rêve prémonitoire…

Avec Bercovici et Cauvin, l’humour reste la base de tous les récits. Avec toujours l’œil qui frise, avec un regard sur le quotidien du personnel médical, mais aussi sur leurs familles, sur les visiteurs en hôpital plus préoccupés par les clés de leur voiture que par la santé d’un proche… Avec ces femmes en blanc, croyez-moi, on a souvent l’impression d’être dans un récit à peine édulcoré de certaines réalités journalières ! Comme ce gag qui met en scène, pendant les manifs des gilets jaunes, deux médecins qui n’ont pas le même salaire… Une bonne cuvée, vraiment, que ce tome 42 des femmes en blanc !

Sacrées Sorcières

Et pendant que les parents vont lire ces femmes en blanc, je propose de mettre entre les mains des enfants un livre que je trouve vraiment excellent. Son auteure, Pénélope Bagieu est très " mode ", c’est vrai, on en parle partout… Mais cela ne l’empêche nullement de nous offrir des livres dans lesquels elle s’investit pleinement. Et c’est bien le cas avec " Sacrées sorcières ", une adaptation de Roal Dahl. Roald Dahl est un de ces rares auteurs dont les livres, destinés à ce qu’on appelle un jeune public, refusent toute mièvrerie, osent un " fantastique " qui n’hésite pas à mettre en scène la peur, l’angoisse, et donc la vie dans toutes ses perspectives. De ce fait, ses romans sont tous des petits bijoux d’intelligence, et qui plaisent autant aux enfants qu’aux parents, rien que par la grâce d’un talent littéraire exceptionnel. S’attaquer à une adaptation d’un de ses romans, c’était un véritable défi ! Et ce défi-là, Pénélope Bagieu s’y plonge avec délice, avec une réussite sans contestation !

 La trame du récit : dans notre monde, il y a des sorcières, qu’on ne reconnaît qu’à des signes très particuliers : elles portent des gants, des perruques, leurs sourires ont le reflet des myrtilles, etc.. Leur but est d’anéantir les enfants, ces êtres qui les font vomir, qui les répugnent, qu’elles haïssent profondément… Et elles ont trouvé un produit capable de transformer tous les enfants en souris. Et feux enfants, ainsi transformés, vont devoir se battre, avec l’aide d’une grand-mère espiègle, pour contrer le projet abominable des abominables sorcières.

Le dessin de Pénélope Bagieu se révèle d’une extraordinaire efficacité. Il exprime sans " effets spéciaux " faciles le rythme de l’imaginaire de Dahl… ce dessin n’accompagne pas l’écrivain, il le complète. Il ne cherche pas à édulcorer la narration, que du contraire, il lui donne vie, il lui donne corps, il lui donne peur, angoisse, mais aussi sourires, peine, tendresse.

 

Jacques Schraûwen

(Les Femmes en Blanc, tome 42 – dessin : Bercovici – scénario : Cauvin – éditeur : Dupuis)

(Sacrées Sorcières – auteur : Pénélope Bagieu d’après Roald Dahl – éditeur : Gallimard)

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