Back to the Future: ce que le film a anticipé... et tout ce qu'il a loupé

Pour la voiture volante, il faudra encore attendre un peu.
Pour la voiture volante, il faudra encore attendre un peu. - © Miguel Schincariol - AFP

Comme le disait Pierre Dac, "prévoir est un art difficile, surtout quand la prévision porte sur le futur." C’est à cette maxime qu’est aujourd’hui confronté le film de Robert Zemeckis. Le temps ayant rejoint le continuum temporel avec un retard de 20 ans, il est possible aujourd’hui de décerner bons points et bonnets d’âne, d’identifier les prévisions foireuses et les idées visionnaires.

3D: ciné oui, au salon non

L’une des scènes de la trilogie montre une publicité urbaine qui s’affiche en 3D. La technologie existe en 2015, mais presque toujours à l’aide d’encombrantes lunettes. Si le concept fonctionne relativement bien au cinéma, la 3D ne crève pas l’écran de nos téléviseurs. La 3D naturelle sans lunettes, peu répandue, n’est pour l’instant guère convaincante.

On peut en revanche sur, certains téléviseurs, partager l’image pour permettre à deux personnes de regarder simultanément des programmes différents. Évidemment, il faut porter des lunettes spéciales et des écouteurs. La 3D version Marty McFly ce n'est donc pas encore pour nous.

Les lunettes de réalité virtuelle

Le réalisateur a sans doute eu raison trop tôt. L’expérience des Glass de Google n’est pas convaincante. Il manque toujours la "killing application", cette appli qui rendrait de telles lunettes utiles, voire indispensables. Le principe de réalité virtuelle, développé depuis de nombreuses années, souffre du même syndrome. Mis à part certains jeux, la réalité virtuelle n’est toujours pas indispensable à la vie quotidienne.

La tablette: de justesse

Tout juste entrevue dans "Back to the Future", la tablette est déjà une très vieille histoire dans notre futur en temps réel. Siemens en avait développé dans les années 90 pour le monde hospitalier. Ensuite une version de Windows pour écran tactile avait suscité l’apparition de PC portables tactiles chez Compaq (qui existait encore) HP, Toshiba et Siemens. Mais la faiblesse de l’interface et la sensibilité insuffisante de la technologie tactile avaient vite détourné les utilisateurs de ce qui ne devint l’iPad qu’en 2010. Et comme rien ne vieillit plus vite que la technologie, les ventes de tablettes sont déjà à la baisse depuis un an.

L’hoverboard fait place au train

Plutôt que la planche en lévitation, c’est la voiture et même le vélo électriques qui ont la cote en 2015. Un prototype du skateboard sans roue existe bien chez Hendo, mais il a un aspect bien pataud et c’est ailleurs qu’il faut chercher le principe de lévitation magnétique (on parle plus volontiers de sustentation magnétique). Il est utilisé par un monorail, le Maglev japonais, capable d’atteindre des vitesses supérieures à 600 km/h en limitant les frottement sur les rails

Les voitures volent ?

Oui, mais comme des avions (voir notre vidéo). Les automobiles disposant d’ailes rétractables doivent impérativement se rendre sur un aérodrome pour prendre l’air. Pas question de tendre un fil devant une horloge est de disparaître dans le temps.

Les drones? Même à la maison

Si "Retour vers le Futur" prédisait des drones d’information, la réalité va bien plus loin avec des drones espions, des drones tueurs et, heureusement, des drones de loisir. Quand on vous dit que les militaires, c'est bon pour le progrès.

La domotique: bien vu

La vision du déploiement de la domotique vaut un bon point aux futurologues de Hollywood. Ce concept longtemps resté un jouet pour riches s’est démocratisé avec la popularisation du Wi-fi et des réseaux dit "de courant porteur" (powerline) qui permettent d’échanger des informations via le réseau électrique sans creuser la moindre saignée dans les murs. Ajoutez-y les smartphones, et le contrôle de la maison se fait également à distance pour allumer un four, éteindre la machine à laver, relancer la chaudière ou faire de la visioconférence avec les enfants revenus de l’école.

Les gros ratages

Dans ce florilèges de paris sur le futur, la saga de Marty McFly fait l’impasse sur deux technologies incontournable de 2015. Impardonnable.

Le premier est internet. Nulle trace, dans le monde de 2105 vu par Doc Emmet Brown, du "méta réseau" pourtant né sous le nom d’Arpanet à la fin des années 80. Il aurait suffit que le savant fou gare sa De Lorean devant le Mundaneum de Mons pour découvrir que deux Belges (Paul Otlet et le prix Nobel de la paix Henri La Fontaine) avaient eu, dans l’entre-deux-guerres, le projet de rassembler et d’indexer sur des fiches toutes les connaissances du monde. Ce que le journal Le Monde a baptisé à une époque : "Le Google de papier ".

L’autre technologie inconnue de Marty McFly est le smartphone, aujourd’hui en voie de remplacer à la fois le PC et la tablette.

S’il y a des ratages, il existe aussi des éléments anachroniques. C’est le cas du fax ! Sans doute la plus grosse bévue futuriste du film. Bien sûr, nos modernes imprimantes multifonction sont toujours capables d’envoyer des télécopies, mais qui donc utilise encore cette fonction hormis les avocats d’affaires pour l’envoi de contrats ?

Notre futur à nous

Si un nouvel épisode de Retour vers le Futur devait être programmé, nous conseillerions de tabler cette fois sur l’impression d’objets 3D qui, depuis 6 mois, connaît une croissance de 52%. Ce marché pourrait atteindre 20 milliards de dollars dans 4 ans. La fameuse pizza réhydratée du film ne peut encore être conçue sur une imprimante 3D, mais c’est déjà le cas pour des desserts froids réalisés à base de "consommables" alimentaires.

Nous suggérerions aussi de parier sur l’omniprésence des objets connectés (montres, bracelets électroniques) et surtout sur l’Internet des objets, ce nouvel univers où les robots, minuscules ou énormes communiquent entre eux sans même passer par nous.

Au rayon plus incertain des paris sur l’avenir, pensez à l’écran pliable. Montré depuis plus de 20 ans sur les stands de tous les salons IT du monde, nous attendons toujours cet écran flexible pliable ou du moins enroulable.

Nous oublierions en revanche le disque Blu-ray, qui entrera sans doute dans l’histoire comme le dernier support physique (de type DVD) au moment où le cloud et la pratique du streaming remplacent les médias de stockage par la diffusion de données en temps réel. Même le bon vieux stick USB a de quoi se faire du mouron.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK