Après le rap anti-racisme et le rap "Gilets jaunes", le buzz de New School sur la rue d'Aerschot fâche

Après leur rap contre le racisme et leur rap "Gilets jaunes", New School refait le buzz rue d'Aerschot
Après leur rap contre le racisme et leur rap "Gilets jaunes", New School refait le buzz rue d'Aerschot - © Tous droits réservés

New School est de retour et veut enchaîner les buzz. Après le freestyle en soutien aux gilets jaunes et leur chanson contre le racisme, en présence d'un chameau, les rappeurs bruxellois aux centaines de milliers de vues récidivent, cette fois sur la rue d'Aerschot, l'artère schaerbeekoise connue pour ses bars à prostitution. Originalité du clip "Vitrine (Le banc #2)" particulièrement léché et mis en ligne il y a quelques heures: les artistes s'installent sur un banc au croisement entre la rue d'Aerschot et la rue de Quatrecht. Un banc qui voyage ensuite dans une vitrine. Le même banc, en réalité, qui a servi de prétexte à leurs délires musicaux précédents.

Le beat est efficace pour cette chanson qui dure moins de deux minutes. Sur cet égotrip, les rappeurs abordent leurs "ennemis", mais aussi la clientèle de la rue, celle venue de France et des Pays-Bas, présente en nombre le week-end et les jours fériés. Pour New School, les clients du département français du 94, "ça négocie le prix" tandis que quand il s'agit d'une plaque hollandaise, "la voiture sent le shit". Le refrain taquine également les touristes du sexe: "On sait que vous êtes pas là pour les frites et les moules".

Cette chanson réduit les travailleuses du sexe à des objets

Comment prendre ce morceau? Au premier ou au deuxième degré? Du côté des associations représentant ou défendant les travailleuses du sexe, on accueille très mal cette chanson et le clip qui l'accompagne... Contacté par la RTBF, Maxime Maes, coordinateur chez Utsopi (Union des Travailleu(r)ses du Sexe organisé(e)s pour l'Indépendance), regrette les "idées reçues" véhiculées par les paroles et la vidéo. "C'est hyper stigmatisant", ajoute-t-il après avoir consulté d'autres collaborateurs d'Utsopi. "Cela réduit une fois encore les travailleuses du sexe à des objets. Elles ne sont plus des êtres humains. Quand on dit "elle va prendre", c'est très choquant. Par ailleurs, des femmes sont filmées devant ou dans leur vitrine. Et je ne suis pas certain que cela a été fait avec leur consentement. Idem pour les clients qui peuvent être reconnaissables. Enfin, on veut faire passer la rue d'Aerschot pour une rue hyper glauque alors que pour nous qui y travaillons tous les jours, ce n'est pas le cas."

Utsopi n'envisage pas d'entrer en contact avec New School de sa propre initiative mais ne voit aucun souci à être contacté par le groupe cette fois.

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