Anne Sinclair revient à ses premières amours, le journalisme

Anne Sinclair
Anne Sinclair - © MIGUEL MEDINA (AFP)

La version française du site américain d'information Huffington Post sera lancée lundi, avec aux commandes la journaliste Anne Sinclair, épouse de l'ex-patron du FMI Dominique Strauss-Kahn et ex-star de la télévision française.

Comme sa version américaine, qui a connu un succès fulgurant, le site mélangera informations, divertissement, opinions et blogs écrits par toutes sortes d'intervenants, dont des célébrités, se voulant un rendez-vous de grandes signatures.

Anne Sinclair, Arianna Huffington, fondatrice du Huffington Post, David Kessler, directeur de la publication de la version française, et Paul Ackermann, rédacteur en chef, présenteront la version française lundi matin, peu après le lancement du site.

"Ça me fait très plaisir de reprendre mon métier, dans l'euphorie de participer à quelque chose de neuf", a déclaré Anne Sinclair, dans une interview dans Elle dont des extraits sont disponibles sur le site du magazine.

La nomination d'Anne Sinclair, 63 ans, comme directrice éditoriale avait été évoquée ces dernières semaines sans être confirmée par le Huffington Post ou le quotidien Le Monde, partenaire pour le lancement de l'édition française.

En faisant appel à elle, le Huffington Post espère profiter de l'expérience de la journaliste mais aussi de sa célébrité et de ses nombreuses relations.

Une journaliste expérimentée

Avant d'être la femme de "DSK", épousé en 1991, Anne Sinclair a eu une longue carrière dans les médias français.

Après des débuts à la radio privée Europe 1 en 1973, elle est entrée à la chaîne privée TF1 en 1983, où elle est devenue une célébrité du petit écran en présentant pendant 13 ans l'émission d'actualité "7sur7".

Elle y a reçu le monde politique et intellectuel, du président français François Mitterrand à l'américain Bill Clinton ou à l'actrice Sharon Stone, se constituant un précieux carnet d'adresses.

Après un nouveau passage à la radio, elle avait mis sa carrière entre parenthèses pour suivre son mari Dominique Strauss-Kahn à Washington lorsqu'il fut nommé à la tête du Fonds monétaire international (FMI) en 2007.

Née à New York, de nationalité française et américaine, cette petite-fille d'un riche marchand d'art juif qui avait fui aux Etats-Unis devant l'avancée des nazis, est l'héritière d'une immense fortune, fortune qu'elle n'a pas hésité à mettre au service des ambitions politiques de son mari qui s'imposait comme champion des socialistes et favori de la présidentielle française jusqu'à son arrestation en mai 2011.

C'est pour le défendre d'accusations d'agression sexuelle et tentative de viol portées par une femme de chambre d'un hôtel de Manhattan qu'elle dépense sans hésiter des millions de dollars.

L'affaire met un terme aux ambitions politiques de DSK et jette une lumière crue sur ses frasques, imposant à Anne Sinclair un humiliant déballage public au gré des révélations de presse.

Une interview dans "Elle" France

"Je ne suis ni une sainte, ni une victime, je suis une femme libre", a assuré Anne Sinclair à Elle, alors qu'elle est auréolée auprès d'une majorité de Français d'une image d'épouse exemplaire.

Dans cette interview, Anne Sinclair rejette par ailleurs les critiques qui lui ont été adressées pour être restée solidaire de son mari.

"Que des femmes se soient senties déçues par moi, je suis navrée de le dire, mais c'est leur problème!", déclare-t-elle. "J'ai ressenti une grande violence quand quelques féministes autoproclamées se sont déchaînées contre moi".

En réponse à la journaliste qui l'interroge sur les frasques sexuelles de son mari, Anne Sinclair réplique: "Je comprends que vous ayez des questions à me poser sur ce sujet précis (...) mais ce n'est pas aujourd'hui que j'y répondrai". "Personne n'a à m'intimer l'ordre de parler", lance-t-elle.

Le lancement de l'édition française est une première étape dans l'Europe non anglophone pour le journal en ligne américain, lancé en 2005 et acheté en février 2011 par le portail internet AOL. Il affirme attirer 37 millions de lecteurs par mois aux Etats-Unis et être devenu en juin le plus important journal en ligne du monde.

Le "HuffPo" a déjà amorcé son expansion en lançant des éditions anglophones au Canada en mai et au Royaume-Uni en juillet, puis en annonçant fin octobre la création d'une version québécoise.

En Europe, outre la France, il a annoncé en décembre un partenariat avec le groupe Prisa, éditeur du quotidien El Pais, en vue du lancement d'une édition espagnole au premier trimestre 2012. Il travaille également sur une édition en Allemagne et s'intéresse à l'Italie.

AFP