Anna Karina, égérie de Godard et icône de la Nouvelle vague, est décédée

L'actrice et chanteuse française d'origine danoise Anna Karina a été emportée par un cancer. Elle avait 79 ans. Elle était hospitalisée à Paris. "C'était une artiste libre et unique", a déclaré son agent Laurent Balandras. Hanne Karin Bayer avait 17 ans quand elle débarque à Paris. Elle pose à l'époque pour le magazine Elle où elle rencontre Coco Chanel qui lui trouve son nom scène. La carrière d'Anna Karina commence.

Son visage pâle et ses grands yeux bleu-gris ne cesseront de capter la lumière. Karina, c'est l'icône de la nouvelle vague alors qu'elle avait pourtant refusé de donner la réplique à Jean-Paul Belmondo dans A bout de souffle de Jean-Luc Godard. Qu'à cela ne tienne, elle deviendra la muse de Godard et la compagne de Jean-Luc, deux facettes d'une complicité qui les liera jusqu'en 1967. On se souvient notamment d'elle dans Pierrot le fou, au bord de la page, clamant "Qu'est-ce que je peux faire". Pierrot le fou où elle donne la réplique, tiens tiens à un certain Jean-Paul Belmondo. 

Mais il ne faut pas résumer Anna Karina à ses rôles dans les films de Godard. Elle jouera jusqu'à l'aube des années 2010 et notamment, parce que la liste est longue, dans l'Etranger de Luchino Visconti, Michael Kohlaas de Schlöndorff, Justine de Cukor, Rendez-vous à Bray ou l'Oeuvre au Noir d'André Delvaux voire la Vérité sur Charlie de Jonathan Demme. Elle enchaînera encore les rôles pour la télévision ou le théâtre. 

Anna Karina a également mené une carrière de chanteuse tout en chantant dans ses films. Jean-Luc Godard lui écrit la chanson d'Angela pour le film Une femme est une femme, sur une musique de Michel Legrand.  En 1967, c'est au tour de Serge Gainsbourg de lui composer Anna, une comédie musicale de Pierre Koralnik où l'on retrouve la fameuse chanson Sous le soleil exactement.

Des années plus tard, en 2000, Anna Karina sort son premier album avec Philippe Katerine. Elle chante de sa voix grave d'alors "Jamais je ne t'ai dit que t'aimerais toujours" en duo avec Katerine, chanson magnifique issue de la bande originale du film Pierrot le fou. En 2018, elle partage l'affiche du Festival de Cannes avec Jean-Paul Belmondo. Le cinéma français n'a pas oublié ces deux monstres sacrés. La même année paraît "Je suis une aventurière". Tout un symbole pour cette artiste multiple qui fut aussi réalisatrice et romancière. 

Le ministre français de la culture Franck Riester a tweeté ce matin qu'aujourd'hui, "le cinéma français est orphelin. Il perd une de ses légendes". La Cinémathèque française a elle fait part de son "immense tristesse". 

 

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