Adeline Dieudonné: "Quand mon éditrice m'a dit qu'on allait envoyer mon livre pour les prix littéraires, j'ai ri"

En cette rentrée littéraire, tous les regards sont tournés vers Adeline Dieudonné, auteur belge en lice pour les prestigieux prix Renaudot et Goncourt grâce à son roman "La Vraie Vie". Déjà récompensée du Prix Première plume du Furet du Nord, la finaliste du Prix Filigranes était invitée dans Matin Première ce mardi.

C’est unanime, on parle d’un livre efficace, une construction impeccable, que des superlatifs pour saluer votre travail. Ça vous fait quoi vous, tous ces éloges ?

"Ça fait extrêmement plaisir. C’est très très impressionnant. Je ne m’attendais pas du tout à un tel accueil puisque j’ai terminé d’écrire ce roman il y a quelques mois. J’ai signé mon contrat d’édition, j’étais déjà extrêmement heureuse de trouver une maison qui veuille bien de moi. Et L’iconoclaste !"

Sur Facebook vous avez accueilli l’annonce de votre sélection. Juste trois mots ? Lesquels ?

"Putain putain putain, je pense !"

D’accord, mais pourquoi ? Parce que ça venait du fin fond de vous-même ? Vous ne vous attendiez pas à tout ça ?

"Mais non, mais pas du tout. Non non vraiment. Il y a quelques mois je crois que mon éditrice m’avait dit "On enverra ton livre pour les prix". Et j’avais rigolé en disant "C’est ça, tu vas l’envoyer pour le Goncourt !" et elle m’avait dit "Ben oui". J’avais ri, "Tu te fous de moi". "On va vraiment l’envoyer le Goncourt, le Renaudot, le Fémina, le Médicis ou tout ça". Je m’étais vraiment marré en disant "les gars vous êtes fous". Donc effectivement : Putain Putain putain et Nom de Josse !"

En quoi il y a de vous dans cet ouvrage ?

"Je crois qu’on met toujours beaucoup de soi-même dans ce qu’on écrit. Après il n’y a rien d’autobiographique, je rassure tout le monde ! Je vais bien ! Mais bien sûr on dévoile énormément et, je crois, c’est la chose la plus impudique du monde l’écriture. On dévoile ce qu’on a à l’intérieur bien sûr : ses peurs, ses désirs..."

Vous avez écrit un spectacle qui sera donné bientôt. C’est Bonobo Moussaka. Où là, vous étiez en train d’égratigner un peu toutes les inepties de la vie quotidienne. C’est ça ?

"Oui absolument. Bonobo Moussaka mis en scène par Gaëtan (Baillot) qui est vraiment mon partenaire dans cette aventure et là, oui, j’ai mis toutes mes inquiétudes de mère vis-à-vis de mes deux enfants et du monde dans lequel je les ai mis qui court au suicide collectif. Et voilà, j’ai exploré tout ça dans Bonobo."

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