Accusations de harcèlements sexuels chez Ubisoft : démission, mise à pied et licenciement

Accusations de harcèlements sexuels chez Ubisoft : une démission et plusieurs sanctions
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Accusations de harcèlements sexuels chez Ubisoft : une démission et plusieurs sanctions - © FREDERIC J. BROWN - AFP

Le PDG d’Ubisoft, éditeur français de jeux vidéo (dont Assassin’s Creed, Far Cry, Just Dance) dont plusieurs cadres sont accusés d’agressions et de harcèlement sexuel, a annoncé vendredi qu’un vice-président avait démissionné et qu’un autre avait été mis à pied pour "comportements inappropriés".

Depuis plus deux semaines, une série de révélations de harcèlements sexuels, viols, comportements déplacés et de prédation dans le monde du jeu vidéo ont déferlé sur Twitter, mettant en lumière les conditions de travail toxiques qui peuvent exister pour les femmes cette industrie, tant du côté des studios de développement que du monde du streaming et des jeux en ligne. Plusieurs streamers, accusés de propos sexistes, racistes, ou de harcèlement, ont été bannis de la plateforme Twitch, qui mène actuellement activement des enquêtes en interne.

Quelques têtes connues de grands studios ont également fait l’objet d’accusations, et le studio français Ubisoft a été particulièrement pointé du doigt pour des problèmes structurels d’environnement de travail toxique. Une enquête de Libération a pu recueillir des dizaines de témoignages d’anciens et actuels employés, qui ont révélé des comportements problématiques, tout particulièrement dans les membres de l’équipe éditoriale, ainsi qu’une certaine protection de ces personnes la part des ressources humaines.


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Dans un message adressé aux 18.000 salariés du groupe dans le monde, Yves Guillemot a indiqué que Maxime Beland, vice-président "Editorial" en poste à Toronto (Canada), avait démissionné "avec effet immédiat". "Nous poursuivons toutefois l’enquête que nous menons sur les allégations portées contre lui", précise le PDG.

Par ailleurs Tommy François, vice-président "Editorial et creative services" basé à Paris, a été "placé en mise à pied conservatoire, dans l’attente des conclusions de l’enquête le concernant", selon ce message dont l’AFP a obtenu une copie.

Les enquêtes se poursuivent

Un autre employé du studio de Toronto a pour sa part été licencié "pour avoir eu des comportements allant à l’encontre de ce qu’Ubisoft attend de ses collaborateurs", révèle M. Guillemot sans plus de précisions.

"D’autres enquêtes se poursuivent, et seront menées avec toute la rigueur requise", promet le dirigeant. "Nous ne pouvons tolérer les comportements inappropriés sur le lieu de travail et nous continuerons à prendre des mesures disciplinaires contre toute personne ayant des comportements de harcèlement, de discrimination ou toute autre attitude enfreignant notre Code de Bonne Conduite".

La veille, M. Guillemot avait promis à ses salariés un "changement structurel" au sein de l’entreprise à la suite de cette affaire.

L’éditeur, l’un des poids lourds mondiaux du secteur, avait annoncé la semaine dernière des enquêtes internes, alors que se multipliaient les témoignages sur le sexisme et les atteintes aux femmes dans ce milieu très masculin.

"Je tiens à dire à ceux qui ont pris la parole ou qui ont soutenu des collègues : vous êtes entendus et vous contribuez à conduire les changements nécessaires au sein de l’entreprise", a ajouté le PDG, promettant des "changements fondamentaux" mis en œuvre "très rapidement, à tous les niveaux".

"Nous ne visons pas des ajustements à la marge. Ce que nous voulons mettre en œuvre est un changement structurel au sein d’Ubisoft, en totale adéquation avec nos valeurs qui ne tolèrent aucun comportement toxique et veillent à ce que chacun se sente en sécurité pour s’exprimer", a insisté le PDG dans son message.

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