Vacances originales et indémodables; les maisons-bulles du Finistère

De loin, ou de haut, on se croirait dans la saga Star Wars, ou alors dans un épisode des Barbapapas, ou tout simplement dans un igloo ?

Le club de vacances de Beg Meil dans le sud du Finistère ne laisse en tout cas personne indifférent. On aime ou on déteste. 50 ans après sa création, il continue d'étonner les vacanciers 50 ans avec son architecture faite d'étonnantes formes rondes et blanches. 

"C'est trop classe ici, ça fait penser un peu à l'Antarctique avec des igloos. Mais aussi à des maisons d'extraterrestres, de monstres, tout est rond, je n'avais jamais vu ça !", lance-Léo, 14 ans, tout juste arrivé de la région bordelaise.

Jeannine Davenet, elle, passe ses vacances dans le village des bulles depuis des années. Elle est tout simplement sous le charme, même si la première rencontre n’était pas concluante.

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En dehors des sentiers battus et du tourisme de masse

Dans les années 1960, Pierre Lainé, fondateur de l'association "Renouveau", souhaite développer le "tourisme social". Il veut créer un village de vacances loin des grands ensembles architecturaux balnéaires qui se construisent afin de satisfaire au tourisme de masse. Pour créer des lieux "à hauteur d'hommes", il opte pour l'architecture bulles avec d'innombrables références au monde marin et sous-marin, Bretagne oblige. 
Les deux architectes, Henri Mouette (1927-1995) et Pierre Székely (1923-2001) ont recours à la technique du béton projeté, utilisant un canon à air pneumatique, à même de permettre de créer ces formes excentriques. Mais, dans le Finistère des années 1960, ce type de construction détonne...

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A la fin des années 70, Lucienne Moisan, 62 ans, guide nature, accompagnait des retraités arrivés en gare de Quimper.  " Ils étaient complétement ébahis par cette structure se demandaient ce que c'était " explique-t-elle à l’AFP.
Autour de la forme ronde, tout est pensé et conçu pour favoriser les échanges et le dialogue sur le site, situé à 400 m d'une immense plage de sable fin, surnommée parfois la caraïbe bretonne, en bordure d'un polder et éloigné des habitations.
Ainsi, dans l'immense réfectoire hémisphérique, les tables en forme d'escargot étaient impaires pour forcer les couples ou les familles de quatre à se retrouver avec d'autres personnes. 

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Dans les maisonnettes, un panneau en forme de BD était accroché dans l'entrée. "Pour connaître la suite de l'histoire, on était obligé de frapper chez les voisins pour favoriser encore une fois la rencontre, raconte Amélie Gelot, la directrice du site. 

Démodé, vintage ou tendance

En 2014, le club est racheté et ses nouveaux propriétaires, un groupe marsellais décident de lancer une importante rénovation de plus de trois millions d'euros. Après neuf mois de travaux, le site est labellisé patrimoine du XXe siècle et rouvre au public. Nous sommes en juin 2018.  
Au milieu des hortensias et des agapanthes, les vacanciers se promènent à côté d'une salle de spectacles en forme de baleine alors que de jeunes adolescents s'amusent dans un club en forme de diabolo. 

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"Avec toutes ces formes et ces couleurs, les enfants sont à l'aise ici. Ca donne un lieu enfantin", note Julien Brutinel, directeur adjoint, soulignant que les plus nombreux à venir sont les Parisiens et les Normands, ainsi que des Belges et des "sudistes". 

Entre le village de 1968 et celui de 2020, il y a eu du changement. Toutes les chambres sont désormais équipées d'une télévision, tandis qu'une piscine (ronde évidemment) a été construite. Le centre pouvait accueillir un millier de touristes mais dorénavant la capacité maximale est de 450 personnes.

Le site jouxte le célèbre sentier côtier breton GR 34 et continue de fasciner les visiteurs, avec ses angles droits proscrits.
"Même si on avait vu sur internet on ne s'attendait pas à tout ça, toutes ces bulles, c'est assez particulier mais ça se marie bien dans l'environnement. Je ne trouve pas ça démodé", lance Michel Soulié, 78 ans.

 

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