Une vidéo choc de Greenpeace sur la réalité de la pêche au thon

De nombreuses espèces autres que le thon se retrouvent dans les filets des pêcheurs
De nombreuses espèces autres que le thon se retrouvent dans les filets des pêcheurs - © Tous droits réservés

L’organisation non-gouvernementale de protection de l’environnement a publié ce mardi une vidéo montrant les ravages d’une technique de pêche particulièrement destructrice pour l’écosystème marin. Objectif déclaré : dénoncer les dispositifs de concentration du poisson utilisés par les pêcheurs, et forcer certains fabricants de thon en boîte à adopter des méthodes de pêche durable.

Dans le cadre de sa campagne "Que cache votre boîte de thon ?", qui vise à dénoncer les dégâts impliqués par certaines techniques de pêche, Greenpeace a mis en ligne ce mardi des images rares et fortes, filmées par des pêcheurs entre 2008 et 2013 puis transmises à l'organisation en toute discrétion.

Ces images, prises depuis quatre navires thoniers qui ont sillonné l'Océan Indien pour approvisionner notamment la marque française de thon en boîte "Petit Navire", montrent les ravages des dispositifs de concentration des poissons (ou DCP).

Ces DCP, particulièrement destructeurs pour l'écosystème marin puisqu'ils impliquent de nombreuses prises accessoires, sont en effet des abris artificiels marins visant à attirer les petits poissons, qui attirent à leur tour de plus gros poissons, ces derniers attirant enfin les thons. Les thoniers n'ont généralement plus qu'à déployer ensuite un immense filet autour de ces abris, récupérant ainsi la totalité des espèces, y compris des espèces qui n'étaient absolument pas destinées à être pêchées. 

La vidéo publiée par Greenpeace montre ainsi toutes les espèces collatérales prises dans les filets des pêcheurs, des requins soyeux aux raies, en passant par le requin marlin, le requin baleine, voire même les tortues. Toutes ces espèces, qui ne représentent aucun intérêt pour les pêcheurs et qui n'ont que peu de chances de survivre après leur capture, sont ensuite relâchées en pleine mer, comme le montre la vidéo ci-dessous : 

Selon Greenpeace, la pêche thonière tropicale sur DCP générerait actuellement "2 à 4 fois plus de prises accessoires que la même pêche sans DCP, ce qui représente environ 7% des captures totales".

Si certains thoniers semblent avoir pris la mesure du problème et limité (voire supprimé) l’utilisation de la pêche sur DCP, d’autres n’en limitent toujours pas l’usage et continuent d’utiliser de tels dispositifs lors de leurs différentes campagnes de pêche, puisqu'il n'existe aucune réglementation en la matière. L’objectif de Greenpeace est donc simple : demander à la marque " Petit Navire ", leader sur le marché français du thon en boîte, de ne plus se fournir en thon pêché via la DCP, et d’utiliser des méthodes alternatives de pêche durable. Des fabricants italien et anglo-saxon se seraient déjà engagés à le faire.

Interrogé par le Huffington Post, Amaury Dutreil, directeur de la firme française, a quant à lui déclaré que "la campagne de Greenpeace est simplificatrice, réductrice, et ne prend pas en compte les très bons critères de Petit Navire comme la transparence mise en place au quotidien vis-à-vis du consommateur", tout en reconnaissant que deux tiers de la pêche fournissant sa marque est effectuée avec ces dispositifs de concentration des poissons.

J.L avec Huffington Post et agences

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