Un pays tellement pauvre que même les éléphants meurent de faim: Ruperta devient le symbole de la crise au Venezuela

Les photos de Ruperta ont ému le Venezuela, puis le monde entier
Les photos de Ruperta ont ému le Venezuela, puis le monde entier - © Tous droits réservés

Ruperta, 46 ans, est devenu en quelques jours à la fois une star et un symbole de la crise économique qui sévit au Venezuela. 

Depuis que les images de cet éléphant d'Afrique, qui semble ne plus avoir que la peau sur les os ont commencé à circuler sur les réseaux sociaux, les Vénézuéliens ont lancé une campagne de dons pour venir en aide à l'animal. Mais les responsables du zoo Caricuao ont refusé la nourriture, invoquant des raisons sanitaires: selon le site sud-américain El Universal, la direction a nié que Ruperta souffrait de malnutrition, prétextant que l'animal souffrait d'une maladie de l'estomac et qu'elle devait suivre un régime strict.

Une affirmation démentie par les écologistes locaux et les scientifiques. Selon le chef de l'Institut des parcs nationaux du Venezuela, Marlene Sifontes, il y a assez de nourriture, mais pas assez variée pour garder les animaux en bonne santé. Ruperta aurait ainsi été nourrie durant plusieurs jours uniquement avec des auyamas, une sorte de citrouille, qui n'apporte pas tous les nutriments nécessaires à l'éléphant. Elle serait devenue extrêmement faible au point de tomber de faiblesse et de se cogner sur les rochers, a rapporté un journaliste local de Caracas, Roman Camacho.

L'éléphant, arrivée à l'âge de six ans au zoo lors de son inauguration en 1977, en était devenu le symbole. Elle aurait perdu deux tonnes déjà.

L'histoire provoque beaucoup d'émotion et d'empathie au Venezuela, mais aussi dans le monde entier où l'état de Ruperta symbolise la crise économique, mais aussi la famine que subit le pays. Roman Camacho s'est d'ailleurs dit surpris que ces photos aient si vite circulé dans un pays où la faim est devenue si banale. "Mais quand la famine est si grave que cela affecte le seul éléphant d'Afrique de tout le Venezuela, alors les gens remarquent" a-t-il commenté.

Selon le journal El Nacional , le 6 mars dernier, le syndicat des travailleurs du zoo Caricuao avait déjà demandé aux tribunaux d'intervenir, en disant que le manque de nourriture, d'entretien et de fournitures de base avait contribué à la mort de six aras et d'un puma du zoo.

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