Sa main greffée provisoirement sur sa jambe avant de retrouver son poignet

La main est alimentée et oxygénée par une dérivation de la circulation sanguine de la cheville.
3 images
La main est alimentée et oxygénée par une dérivation de la circulation sanguine de la cheville. - © AFP

Des médecins chinois ont greffé la main d'un homme, tranchée lors d'un accident, sur sa jambe, à laquelle elle est restée attachée un mois avant de retrouver sa place originale, a rapporté mardi un média chinois.

L'homme de 25 ans, identifié par son surnom Xiao Wei, avait vu sa main droite tranchée lors d'un accident de travail le mois dernier à Changde, dans la province centrale du Hunan, a relaté le Xiaoxiang Chen Bao, un journal local.

La blessure étant trop grave pour rattacher immédiatement la main amputée, des chirurgiens de Changsha (capitale du Hunan) ont décidé de la greffer au bas d'une des jambes du patient, juste au-dessus du tendon d'Achille, afin de la garder "en vie" le temps nécessaire pour soigner son poignet.

Récemment en décembre, les médecins ont retiré la main de Xiao Wei de sa jambe et l'ont rattachée au bout de son bras, une opération délicate mais couronnée de succès, lors d'une opération de neuf heures, a assuré le journal.

Xiao Wei devra désormais subir plusieurs opérations supplémentaires et suivre un processus de rééducation afin de retrouver la motricité de sa main, a précisé le Xiaoxiang Chen Bao.

Des membres en attente

La greffe provisoire est une opération relativement classique depuis le début des années 1990 : elle permet de sauver des membres tranchés en les gardant en attente, alimentés et oxygénés par la circulation sanguine du porte-greffe. La greffe doit avoir lieu dans les heures qui suivent l'amputation.

En 1990 déjà des médecins français avaient greffé un pied sectionné sur un avant-bras et en 1988 une équipe yougoslave avait greffé une main sur un thorax, dans les deux cas à titre temporaire, bien entendu...

Plus récemment, des médecins chinois ont "hébergé" temporairement le bout d'un doigt amputé en l'attachant à un rouleau de peau sur le ventre du patient, le temps de reconstituer le bout du doigt disparu.

Un membre peut également être prélevé ailleurs (par exemple remplacer un pouce amputé par un orteil) ou même créé ailleurs : ainsi en septembre dernier, des chirurgiens chinois, toujours eux, ont créé de toutes pièces un nez de rechange avec la peau du front d'un patient. Ils lui ont ensuite transplanté en bonne place.

Plus fort encore : l'été dernier, des médecins anglais ont amputé une fillette d'un bras touché par un cancer, pour le traiter séparément et le rattacher ensuite. Une procédure très controversée qui a suscité un tollé en Grande-Bretagne.

Patrick Bartholomé avec AFP

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK