Russie: une femme balade son renard dans le métro de Moscou, vers une domestication? (vidéo)

Russie: une femme balade son renard dans le métro de Moscou, vers une domestication? (vidéo)
Russie: une femme balade son renard dans le métro de Moscou, vers une domestication? (vidéo) - © Tous droits réservés

Dans une vidéo partagée sur les réseaux sociaux, une femme attend puis rentre dans le métro de Moscou, un imposant renard roux posté sur son épaule. Ce genre de situation insolite pourrait bien devenir fréquente, si on en croit les dernières études sur la domestication du renard.

On se souvient tous du renard qui demande au Petit Prince de l'apprivoiser dans le célèbre conte d'Antoine de Saint-Exupéry. Du conte à la réalité, il n'y a qu'un pas ? C'est en tout cas ce que suggère cette scène surréaliste du métro moscovite. On y voit une femme, arborant un canidé de grande taille.

Entre étonnement et fascination, la scène n'a pas manqué de faire réagir sur les réseaux sociaux. Les internautes se sont interrogés de savoir comment il était possible qu'un humain affiche une telle proximité avec un animal souvent qualifié de "sauvage". À cette question, certains répondent en affirmant que la domestication du renard est déjà en marche depuis un moment en Russie.

Une idée mûrie depuis 1950

Si d'un point de vue belge, la scène peut étonner, l'idée de promener son renard, comme on peut le faire avec un chien a déjà fait un bout de chemin en Russie. Si on qualifie souvent nos compagnons canins de "meilleur ami de l'homme", ce n'a pas toujours été le cas. Sa domestication aurait eu lieu il y a plus de 10.000. C'est pourquoi il est aujourd'hui difficile de déterminer comment s'est nouée cette relation.

Persuadé qu'il pouvait à son tour domestiquer un animal sauvage, en 1950, le scientifique russe Dmitri Beliaïev s'est lancé un objectif un peu fou : faire du renard un nouvel animal de compagnie. L'idée que le renard soit un nouvel animal de compagnie pour l'homme n'est donc pas nouvelle.

Pour mener à bien son ambition, le chercheur a sélectionné plusieurs renards qu'il jugeait peu hostiles en présence d'êtres humains. Ce sont donc les renards roux - ou renards communs - les moins méfiants qui ont été la première étape de ce processus. Grâce à l'accouplements des canidés sélectionnés entre eux, l'homme a pu faire avancer ses recherches en rapprochant les renards de l'homme et en observant l'évolution du comportement de ces animaux au fil des générations.

Léchage de main, mouvements de queue, ...

De fil en aiguille, Dmitri Beliaïev a constaté divers changements auprès des animaux qu'il observait. Mais il aura fallu le temps : les principales modifications sont apparues après 50 ans d'observation. Néanmoins, ses renards ont évolué physiquement et assimilé, de génération en génération, des comportements similaires à ceux du chien domestique.

Du point de vue visuel, le chercheur a remarqué l'affinement du museau de ses canidés mais aussi leur plus petite taille due à une longueur plus courte des pattes. Mais l'objectif du scientifique n'étais pas celui-ci.

Le chercheur a aussi avancé concernant son objectif de domestication. Il évoquait, par exemple, des léchages ou des mouvements de queue, nouveaux pas rapport aux renards d'origine. Qui n'a jamais reçu une léchouille affectueuse de son compagnon à quatre pattes ? Et bien les renards de notre chercheurs adoptaient un comportement identique.

Pour financer la poursuite de ses recherche, le laboratoire dans lequel travaille cet homme a instauré la vente des espèces "évoluées" ainsi obtenues. On peut donc croire que le renard aperçu récemment à Moscou serait issu de ces recherches même si rien ne le confirme. Toujours est-il qu'avec ces conclusions, on peut logiquement croire que le renard pourrait intégrer nos domiciles dans un futur proche.