Qui est derrière ces symboles qu'on retrouve partout en Belgique et en Europe?

A la Louvière, Bruxelles ou à l'étranger, en compagnie de Pete Doherty, Marion Cotillard ou Popeck, les symboles intriguent.
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A la Louvière, Bruxelles ou à l'étranger, en compagnie de Pete Doherty, Marion Cotillard ou Popeck, les symboles intriguent. - © Tous droits réservés

Ils sont partout. Où que vous habitiez, vous avez déjà dû voir ces triangles, colorés ou non, dans lesquels sont inclus un oeil, un coeur et quelques autres symboles.

On les retrouve en effet sur des poteaux, des façades, le long des autoroutes, à Bruxelles, en Wallonie, mais aussi en France, aux Pays-Bas... et même au-delà.

Sur les forums, les réseaux sociaux, des citoyens s'interrogent: "Mais qui a dessiné ça? Qu'est-ce que ça représente?"

Nous avons retrouvé le concepteur, Thierry Jaspart qui est à l'origine de ce projet nommé Andalltha, et qui est parfois sous-titré "Je suis partout"... comme le nom du principal journal collaborationniste et antisémite français sous l'occupation nazie.

"Mais ça n'a politiquement rien à voir, même si ça m'amuse que les gens fassent le lien, explique l'artiste. Je n'ai jamais lu une ligne de ce magazine, d'ailleurs je n'aime pas tout ce qui divise".

Par contre, "Je suis partout" fait référence au projet même, qui s'inscrit dans le street art, plutôt que dans le graffiti ("techniquement, c'est plutôt du collage, car ce sont des affiches, qui sont peintes): "C'est le principe du street art, de pouvoir se retrouver partout où sont les gens, d'inonder la vie de ses créations. Mais ici, plus qu'une volonté de créer, l'important, c'était de le reproduire un maximum. C'est une sorte de matraquage, pour où qu'on aille, qu'on le retrouve".

C'est une sorte de matraquage, pour qu'on le retrouve partout où on va

L'artiste restera donc très discret sur la conception même de l'oeuvre, sur sa signification: "Moi, ce qui m'intéresse, c'est que ce ça pousse à faire pour les réaliser, voyager, faire du stop, marcher des heures sur une autoroute, vivre des choses complètement improbables. C'est un prétexte pour sortir de chez soi et entreprendre des choses. Les gens qui font du street art pourraient souvent parler pendant des jours de ce qu'ils ont vécu en créant leurs oeuvres".

On retrouve le symbole un peu partout en Belgique, mais aussi en France, et aux Pays-Bas...

"On le retrouve dans toute l'Europe, en fait, et même plus loin. Mais hors Europe, il y a encore beaucoup de boulot, parce que c'est plus compliqué. Le plus loin qu'il soit, c'est au Cambodge. Mais il est aussi à New York, où j'ai passé une nuit en taule".

Ça doit coûter beaucoup d'argent au final de le transporter si loin?

"Oh, ça va encore, parce que je m'en fous de vivre comme un rat, sous une tente et de faire du stop. Puis avec l'expérience, on apprend à se débrouiller, à développer des stratégies et des réseaux".

Et puis sur Tumblr, on le retrouve aussi en compagnie de nombreuses stars, que Thierry a parfois longtemps attendues pour les faire poser en compagnie d'"Andalltha".

Ca représente quoi au final, ce symbole? Ca a bien une signification?

"Oui, mais ça je ne l'explique jamais. Si on dévoile tout, c'est un peu décevant. On le sait et puis on passe à autre chose. Je trouve que c'est mieux de continuer à imaginer"

Malgré toutes les questions qui se posent sur le Web, vous n'en aviez jamais parlé dans les médias jusqu'ici. Comment ça se fait?

"A la base, je n'avais pas vraiment envie d'en parler. Mais ici, j'ai envie de parler de mon nouveau projet. A la base, je suis graphiste, je dessine. Mais j'ai toujours été plus séduit par les concepts que par les techniques, et j'aimerais appliquer ça au street art, il y a toute une série de concepts que j'ai envie d'appliquer. Et donc, dans ce cadres, je suis entré en contact avec un photographe dont j'admire le travail qui m'a filmé pendant que je réalisais ma performance. Mais on a voulu présenter ça de façon originale, pas de faire une vidéo Youtube comme tout le monde. C'est filmé à l'ancienne avec une vieille caméra VHS et on a donc des webvidéos qui sont entièrement abritées sur un site où on ne trouve que ça".

Une nouvelle façon de vandaliser l'espace public... avec du bruit

On les retrouve sur http://thierryjaspartaudiograffiti.com/ qui présente une sorte de "graffiti sonore" en pleine rue, "une nouvelle façon de vandaliser l'espace public" qui filme les réactions des gens, mais aussi sur http://www.thierryjaspartrealnamegraffiti.com/ qui mérite un mot d'explication: "C'est un site brutaliste où au lieu de faire se succéder les différentes séquences dans une vidéo, on les fait jouer toutes en même temps, ce qui est assez insoutenable au niveau du son, mais qui a un côté bordélique exactement comme le graffiti".

De Bras à Jambes pour les amputés

Au niveau performances, Thierry Jaspart est aussi très fier de sa marche parrainée de 120 kilomètres entre Bras et Jambes au profit d'une institution pour personnes amputées. "Mais j'étais tout seul et ça a rapporté 0 euro"...

 

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