Pourquoi le "Kimono" de Kim Kardashian est-il considéré comme un "horrible manque de respect" ?

"Je peux enfin vous faire part de ce projet sur lequel j’ai travaillé depuis l’année dernière. Cela me passionne depuis 15 ans", annonçait fièrement Kim Kardashian sur son compte Instagram en début de semaine dernière. Ce qui rend la femme d’affaires et personnalité médiatique si fière, c’est cette nouvelle ligne de sous-vêtements, déclinée en 9 tons différents et modestement baptisée "Kimono Solutionwear". Un nom qui fait grincer des dents les Japonais, qui y voient une atteinte à leur patrimoine culturel.

"J’avais pris l’habitude de découper ma lingerie pour concevoir mes propres modèles, et il m’arrivait régulièrement de ne pas parvenir à trouver une couleur qui se mariait bien avec mon teint, explique l’Américaine. Il fallait une solution. J’ai développé ce modèle pour toutes les fois où j’avais envie de porter une robe ou une jupe fendue et qu’un soutien était malgré tout nécessaire."

Mais en faisant du terme "Kimono" une marque déposée, Kimberly Kardashian s’est mis à dos de nombreux internautes du monde entier, et plus particulièrement au Japon. "On est très loin de toute référence au kimono japonais dont la coupe et la manière dont il est porté sert au contraire à dissimuler la silhouette de la femme le revêtant", souligne la journaliste Stéphanie Barret sur le blog Mr Japanization, spécialisé dans la culture japonaise.

Conséquence, une pétition réunit déjà plus de 110.000 internautes sur la plateforme Change.org, tandis que le hashtag #KimOhNo (littéralement "Kim, oh non") enflamme Twitter.

Patrimoine Culturel Immatériel

Kim Kardashian fait parler d’elle, à tel point que le maire de Kyoto, Daisaku Kadokawa, appelle la styliste à faire marche arrière dans une lettre ouverte diffusée vendredi dernier. "Le Kimono est une robe ethnique traditionnelle qui occupe une place privilégiée dans notre nature et notre histoire. Il est le fruit des efforts et des études de nos ancêtres et fait partie de notre culture, rappelle-t-il. Depuis peu, nous observons, en plus des Japonais, des touristes étrangers porter des Kimono pour se balader à Kyoto ou dans d’autres villes du Japon. Cela prouve que le Kimono (...) est apprécié aux quatre coins du monde", annonce-t-il sobrement.

Daisaku Kadokawa rappelle en outre que des initiatives ont été prises par le Japon pour que la "Culture du Kimono" soit reconnue en tant que Patrimoine Culturel Immatériel de l’UNESCO. "Nous pensons que le terme 'kimono' est un objet de partage avec l’humanité. Par conséquent, il ne devrait pas être accaparé", assène-t-il.

Kim Kardashian persiste et signe

La star des réseaux sociaux semble pourtant manifester peu de sensibilité à la notion de patrimoine culturel. En témoigne un communiqué reçu par le New York Times, où Kim Kardashian affirme avoir voulu faire "un clin d’œil à la beauté et aux détails" qui caractérisent ce vêtement, sans s’interroger outre mesure sur la subtilité éventuelle d’une telle démarche.

L’épouse de Kanye West tient à rappeler que le dépôt d’une marque lui permet "d’utiliser le mot pour mes sous-vêtements et ma ligne intime, mais n’empêche ni ne restreint quiconque de fabriquer des kimonos, ou d’utiliser le terme 'kimono' en référence au vêtement traditionnel", au cas où les centaines de milliers de personnes ayant manifesté leur mécontentement ne l’auraient pas compris.

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