Pêche miraculeuse au Yemen : du "vomi" de cachalot vendu 1,2 million d’euros

Ils partaient simplement pêcher, ils sont revenus les poches pleines d’argent. Un cadeau de Noël avant l’heure.

Fares Abdelhakim et ses collègues vivent dans le sud du Yemen. En février dernier, ils ont trouvé la carcasse d’un cachalot flottant à la surface de l’eau à environ 26 kilomètres des rives d’Aden. Les 35 marins ne savent pas encore que dans les entrailles du cétacé, se cache un trésor : du vomi qui vaut de l’or.

De l’ambre gris

Ils ramènent l’animal sur le rivage, l’éventrent et trouvent de l’ambre gris, une concrétion intestinale généralement rejetée par les cachalots et très prisée dans la parfumerie de luxe.

" Du jour au lendemain, nos vies ont changé", a raconté Fares Abdelhakim à l’AFP.

8 images
© AFP

Le morceau d’ambre gris pesait 127 kilogrammes, les pêcheurs l’ont immédiatement vendu pour la modique somme de 1,2 million d’euros ! Un montant colossal dans ce pays pauvre, ravagé par la guerre et en proie à une terrible crise. L’heureux acheteur est un homme d’affaires des Emirats arabes unis.

Une partie de l’argent a été utilisée pour aider des personnes dans le besoin tandis que le reste a été réparti équitablement entre les pêcheurs.

"Certains ont acheté des bateaux, d’autres ont construit ou réparé leur maison. Moi, j’ai construit la mienne, j’ai construit mon avenir. La vie ici est si dure", confie Fares Abdelhakim.

Pour Salim Charaf, un autre pêcheur du groupe, la découverte lui a permis de "poser des bases pour l’avenir".

"Nous sommes des gens simples, des pêcheurs qui cherchent leur prise tous les jours. Si vous avez trouvé votre prise du jour, vous remerciez Dieu. Et là, Il nous a donné cela", dit-il à l’AFP.

8 images
© AFP

Une tragédie depuis 6 ans

Le Yemen est un pays pauvre. Ses infrastructures sont fragiles et encore plus ravagées depuis la guerre. Cela fait 6 ans que la situation humanitaire est catastrophique.

233.000 victimes et 5 millions de Yéménites déplacés. Les ¾ des 30 millions d’habitants sont au bord de la famine, ils dépendent de l’aide internationale, dont le financement a diminué. Le conflit s’éternise entre une coalition dirigée par l’Arabie saoudite et des rebelles chiites Houthis.

Pour l’ONU, la crise au Yémen est la pire crise humanitaire au monde.

Une évaluation basée sur le nombre de personnes nécessitant une assistance ainsi que la magnitude des besoins. Un Yéménite sur huit est réfugié dans son propre pays dans des conditions sécuritaires très mauvaises.

Entre 80 et 90% des denrées alimentaires de base tels que le riz et la farine sont importées. Or, cet acheminement est très fragile car le conflit est actif.

L’accès à la santé est très mauvais, 50% des centres de soins ont été détruits dans les affrontements, avec des risques épidémiques, notamment de choléra. Enfin, l’embargo sur le fuel imposé par la coalition internationale dans le Nord génère d’énormes problèmes logistiques.

 

8 images
© Belga image
© Belga image
8 images
© Belga image
© Belga image

Continuer, malgré tout

Malgré ce contexte et en dépit de leur nouvelle fortune, Fares Abdelhakim et ses acolytes ont décidé de continuer à prendre la mer.

"Je ne me passerai jamais de cet océan. L’amour de la mer coule dans mes veines", confie-t-il.

Selon un vieux dicton yéménite, "La mer est meilleure voisine qu’un roi."

8 images
© AFP
Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK