Normandie : près de Caen, des archéologues découvrent une base aérienne de la Luftwaffe

Avion de la Luftwaffe en 1945 et abbaye-aux-Hommes de Caen
Avion de la Luftwaffe en 1945 et abbaye-aux-Hommes de Caen - © BELGA/AFP

Quand on pense à l’archéologie, on songe souvent à un passé lointain. Ruines antiques ou vieilles pierres médiévales. Moins à des vestiges plus récents comme ceux de la dernière Guerre mondiale. C’est pourtant ce à quoi sont attelés des chercheurs dans la plaine de Caen en ce moment, comme l’explique le journal Le Monde dans son édition de ce mardi.

Fortifications

Les Allemands, durant la guerre, s’intéressent très fort à la région de Caen. Une invasion par la Manche toute proche est possible, et Carpiquet, l’aéroport, situé aux portes du chef-lieu du Calvados, doit être impérativement défendu. Est alors construite dans ce but, dans le village de Bretteville-sur-Odon, une base pour l’armée de l’air. Celle-ci, comprenant une batterie de canons antiaériens de 200 millimètres et des installations pour une garnison de 120 hommes, vient d’être mise au jour. Environ 75 ans plus tard.

Atypique

Pourquoi tout ce temps ? La base n'était plus visible, remblayée par les gravats des ruines de Caen, fortement bombardée, juste au sortir de la guerre. Hermann Göring, le patron de la Luftwaffe (armée de l’air allemande), a lui, auparavant, fait disparaître toutes les archives. La base, elle, sort à présent de terre, une campagne de fouille et de dégagement s’étant terminée ce 10 juillet. Mettant au jour des informations plutôt précieuses…

Les archéologues soulignent le côté atypique de la construction. A savoir, d’un côté, l’espace défensif. Les munitions, enterrées, étaient entourées par des murs en pierres de Caen (le matériau local). Côté garnison, pas de murs en dur. De larges tranchées ont été creusées et dedans, on y a construit des chalets. En bois. Nous sommes donc loin des énormes bunkers en béton du mur de l’Atlantique. Les spécialistes remarquent cependant que le système était ingénieux : les soldats auraient été à l’abri en cas de bombardements.

"Contrairement aux blockhaus qui sont standardisés, nous avons ici une structure non réglementaire, avec une architecture inconnue. Cela nuance notre connaissance du mur de l’Atlantique ", explique au Monde Benoît Labbey, l’archéologue qui a mené la fouille.

Archéologie "récente"

Après s’être déjà penchées depuis quelque temps sur le premier conflit mondial, les recherches archéologiques sur le second commencent à être mises en place, souligne l’article. En effet, peu à peu, les témoins disparaissent…


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Outre l'aspect purement historique ou stratégique, ces campagnes de recherches nous en apprennent aussi toujours sur la vie quotidienne de l'époque. Et permettent de mieux comprendre les habitants, qu'ils soient assiégés ou assiégeants et leurs us et coutumes. Retour à Bretteville-sur-Odon.

Les archéologues ont fouillé la terre, trouvant, dans ces remblais composés de gravats de l’époque, des centaines d’objets. Une enseigne publicitaire métallique perforée par un éclat d’obus, des assiettes soudées les unes aux autres dans l’incendie des habitations, des sommiers, des brosses à dents, du parfum… Ainsi une horloge au cadran déformé arrêtée au moment où un des bombardements allié l’a détruite. Les aiguilles figées sur 8h07.

Commémoration du débarquement de Normandie, le 6 juin dernier (extrait JT)

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