Non, un astéroïde ne va pas détruire la Terre la veille de la présidentielle américaine

C'est un scénario digne d'un film catastrophe. Le 2 novembre, un astéroïde va s'approcher de la Terre, à vingt-quatre heures d'une élection présidentielle américaine entre Donald Trump et Joe Biden. Enfin, c'est une rumeur qui fait le tour des réseaux sociaux. La réalité, elle, est un petit peu plus complexe.

D'abord, la NASA a donné des informations assez rassurantes sur cet objet spatial, baptisé 2018 VP1, car découvert il y a 2 ans, presque jour pour jour avec la date de sa potentielle collision avec notre planète. L'astéroïde mesure, selon les estimations, deux mètres dans sa plus grande dimension. Rien de comparable donc avec la météorite qui a mis fin au règne des dinosaures il y a 63 millions d'années, ou même au météore de Tcheliabinsk, de 15 mètres et pesant 10.000 tonnes, qui s'était désintégré au-dessus de l'Oural en Russie en février 2013.

La NASA a également précisé que les chances que l'astéroïde entre en collision avec l'orbite terrestre étaient encore très faibles : 0,41%. "Il a été observé 21 fois en 13 jours, ce qui nous permet de calculer précisément son orbite", explique Jonti Horner, professeur en astrophysique à l'Université du Queensland du Sud (Australie), dans un article de The Conversation. Selon lui, l'incertitude autour de la période orbitale de l'astéroïde est de 12 heures environ. "C'est plutôt très bien, compte tenu du peu d'observations qui ont été faites, remarque Jonti Horner. Mais cela veut dire que nous ne pouvons pas être sûrs de sa position le 2 novembre."


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En résumé, le 2 novembre, l'astéroïde sera soit à proximité immédiate de l'orbite terrestre, soit... à 3,7 millions de kilomètres. Et quand bien même l'object entrerait dans l'atmosphère, il y a de fortes chances qu'il s'y désintègre, comme celui de Tcheliabinsk. Mais contrairement à ce dernier, qui avait fait des dégâts par son onde de choc et les débris qu'il avait laissé, 2018 VP1 est trop petit pour que ses morceaux soient potentiellement dangereux. "Des objets de ce genre frappent la Terre tout le temps", rappelle Jonti Horner.

Selon son matériau, l'astéroïde pourrait toutefois toucher la surface terrestre, note l'astrophysicien. Pour cela, il faudrait qu'il soit particulièrement robuste ("en métal plutôt qu'en pierre ou en glace"). Mais d'après lui, il s'agira plutôt d'un objet qui flambera en pénétrant dans l'atmosphère. Pas d'inquiétude donc pour la présidentielle américaine, elle aura bien lieu le 3 novembre... sauf coup de théâtre. Mais dans tous les cas, ce ne sera pas de la faute d'une météorite.

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