Masque et distance sociale : Google Street View immortalise déjà Bruxelles en mode coronavirus (photos)

Masques en rue, aux arrêts de tram, dans les bâtiments publics: Google Street View fige Bruxelles en mode coronavirus.
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Masques en rue, aux arrêts de tram, dans les bâtiments publics: Google Street View fige Bruxelles en mode coronavirus. - © GOOGLE STREET VIEW

Bruxelles s’est adaptée au coronavirus. Et Google Street View s’adapte également. Plusieurs images de la capitale accessibles via la fonction de Google Maps viennent d’être actualisées. Google Street View, qui permet à l’internaute de se déplacer dans la ville, offre désormais des plans en mode covid-19. Les captures ont été réalisées en juin, en juillet et en octobre 2020. Après nettoyage et floutages des visages, celles-ci nous montrent des Bruxellois portant des masques ou encore des panneaux en lien avec la crise sanitaire.

Premier arrêt, sur la célèbre rue Neuve. L’entrée de l’artère commerçante, à l’angle Monnaie-Fossé aux Loups, offre un nouveau visage, immortalisé en juillet dernier. On peut voir la banderole qui barre le début de la rue, rappelant les consignes sanitaires. Au centre, la rangée de barrières Nadar installées lors du déconfinement pour séparer les flux piétons. Tous les plans ne sont pas à jour : si l’internaute évolue vers la Monnaie, il constatera que les images datent encore de mai 2019, pour les plus récents.

Dans le quartier proche, comme sur la rue de l’Ecuyer, Google nous permet de nous arrêter sur des scènes cocasses ou déjà anachroniques. La première, c’est celle de ce couple de personnes âgées. L’homme ajuste le masque de sa compagne, à l’entrée des Galeries Saint-Hubert. Juste en face, on remarquera une terrasse de restaurant occupée par des clients. En juillet 2020, l’Horeca avait rouvert avant de devoir refermer, à la mi-octobre.

Lors du déconfinement du début mois de mai, une mesure de prévention avait été prise : l’obligation du port du masque dans les transports en commun et aux arrêts. Ce qui n’était pas un comportement commun il y a quelque temps à peine est immortalisé à plusieurs reprises sur l’application du petit bonhomme jaune. Devant les haltes de la STIB, on peut apercevoir les voyageurs le visage et le nez couverts.

Dans le haut de la ville, on s’est également adapté à la crise sanitaire. Chaussée d’Ixelles, c’est port du masque et files devant certains magasins. A Molenbeek, chaussée de Gand, les clichés pris en juillet montrent des clients portant masques. Pas tous et c’est logique : l’obligation de porter un masque sur l’ensemble des 19 communes a été décidée en août par le gouvernement bruxellois.

Le confinement a donné la possibilité aux autorités bruxelloises de renforcer les alternatives à la voiture. Plus de pistes cyclables, plus d’espaces aux piétons : les aménagements ont été nombreux. Parfois critiquées, certaines nouvelles pistes cyclables font aujourd’hui partie du paysage. Celle de la rue de la Loi, qui a fait passer la part réservée aux voitures de quatre à trois bandes, est figée dans l’application Google Street View. En déroulant les images, on constate que la nouvelle voie dédiée aux deux roues depuis mai dernier est empruntée par quelques cyclistes.

Autre piste cyclable polémique, celle du boulevard Lambermont à Schaerbeek. Dans le sens Léopold III-Van Praet, la célèbre artère est depuis juillet amputée d’une bande au profit des vélos. Mais elle ne figure pas dans l’actualisation de Google Street View. La raison ? La voiture du géant de l’internet a circulé dans la capitale en juin, la voie express pour cyclistes ayant été inaugurée début juillet. A quelques jours près… C’est un léger couac.

A l’inverse, la piste cyclable de la fin de la E40 est bien présente. Celle-ci débute à hauteur du Cora de Woluwe-Saint-Lambert pour se diriger vers la RTBF. Cette voie rapide, étonnante car longeant une autoroute, fait désormais partie du maillage cyclable bruxellois. Elle a été inaugurée à la mi-juillet. Google l’a immortalisée en octobre dernier.

Une autre piste polémique que l’on peut voir sur Google : celle de l’avenue Charles-Quint, dessinée cet été. Toute l’avenue n’a pas encore été actualisée. Mais un grand nombre de plans dévoilent la bande pour vélos réalisée au détriment des véhicules à moteur. Attention, cette bande a depuis été à nouveau adaptée.

Etterbeek est l’une des premières communes bruxelloises à avoir imposé le port du masque, dans les lieux fort fréquentés, dans l’espace public et pas uniquement dans les commerces. Rue des Tongres, tous les visages ou presque sont par conséquent masqués. A Saint-Josse, c’est également le cas dans les quartiers commerçants où se couvrir la bouche et le nez est imposé depuis le printemps.

La publicité s’est également adaptée au coronavirus et à ses conséquences dans nos relations. L’avantage des vignettes de Google, c’est qu’elles offrent des instantanés sur des messages publicitaires surfant sur l’actualité. A Saint-Gilles, une sucette occupée par Brussels Airlines fait le lien entre le confinement, les appels vidéos et l’envie de voyage des Belges.

Retour dans le centre-ville, où d’autres actualisations n’ont pas encore été prises en compte. Les clichés de la place Fontainas datent de juillet dernier. Par contre, ceux du boulevard Lemonnier remontent déjà à 2018. Il faut savoir que dans certains quartiers de la région bruxelloise, les photos les plus récentes remontent à… 2017.

Des artères n’ont bénéficié quant à elles que de deux rafraîchissements entre 2009 (année de lancement de la version belge de Street View) et aujourd’hui quand d’autres ont eu droit à six (exemple avec le piétonnier). L’avantage, lorsque les illustrations n’ont pas encore été rajeunies ou lorsque les précédentes versions sont disponibles, c’est que celles-ci permettent de revoir des rues et des places avant leur transformation profonde. Un avant-après qui permet de constater le chemin parcouru en matière d’urbanisme.

Bruxelles n’est pas la seule ville à avoir été parcourue par les voitures Google en 2020. Mais entre les prises de vues et l’implémentation dans l’application, il se passe plusieurs semaines. Comme l’a expliqué un porte-parole de Google l’année dernière, "nous mettons régulièrement à jour les 87 pays où nous sommes actifsLe monde n’est pas immobile, des bâtiments, des restaurants, etc. sont constamment ajoutés."

Ce temps doit permettre, on l’a dit, de procéder au floutage des visages, des plaques d’immatriculations ou des bâtiments à la demande de leur propriétaire. Un floutage parfois malheureux comme ceux du palais royal de Bruxelles et tout son quartier. Non, ce n’est pas le brouillard, mais bien le travail des graphistes de Google.

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