Le mystère des téléphones Garfield retrouvés sur des plages bretonnes résolu

Le mystère des téléphones Garfield retrouvés sur des plages bretonnes résolu
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Le mystère des téléphones Garfield retrouvés sur des plages bretonnes résolu - © FRED TANNEAU - AFP

Depuis plus de trente ans, des morceaux de téléphone à l’effigie du célèbre personnage de bande dessinée Garfield s’échouent sur des plages du Finistère, dans l’extrême ouest de la Bretagne. Le mystère de leur origine vient d’être levé avec la découverte d’un conteneur échoué au fond d’une faille sous-marine.

A chaque marée basse, les promeneurs ont la surprise de retrouver les restes du chat, devenu symbole de la pollution maritime. En 2018, environ 200 pièces, en très bon état, ont été récoltées dans le secteur.

Mais personne ne connaissait l’origine de cette pollution, bien que l’hypothèse d’un conteneur échoué quelque part était la plus plausible.

« Les anciens ont souvenir d’un échouement, possiblement dans la rade de Brest toute proche, sans pouvoir le dater précisément », racontait en février Claire Simonin-Le Meur, la présidente de l’association Ar Viltansoù, qui nettoie les plages du littoral, sur Franceinfo.

On a trouvé un conteneur échoué dans une faille

Finalement, cette hypothèse a bien été confirmée à l’association par René Morvan, un agriculteur de Porsmoguer, qui s’est souvenu avoir vu le conteneur en question au début des années 80 et connaître sa localisation.

« A l’époque, j’avais entre 19 et 20 ans. Il y avait une grosse tempête. Avec mon frangin, on a vu des téléphones un peu partout sur la plage. Nous, on est des gars de la côte, on a décidé d’aller voir. Il fallait vraiment bien connaître le coin. On a trouvé un conteneur échoué dans une faille. Il était ouvert. Beaucoup de choses étaient parties, mais il y avait un stock de téléphones », raconte l’homme au média français.

Mais les deux hommes avaient décidé de garder le secret de peur d’être en infraction.

Expédition

Vendredi 22 mars, les bénévoles de l’association Ar Viltansoù et deux journalistes du média français ont profité d’une marée basse pour pénétrer dans la grotte, habituellement submergée. Un endroit très difficile d’accès et dangereux.

Ils y découvrent des vestiges du conteneur et du plastique orange, coincé entre les roches. Des étoiles de mer et des crabes ont élu domicile dans certains combinés, qui laissent apparaître des fils électroniques.

Malheureusement, les services du parc marin d’Iroise considèrent qu’ils arrivent après la bataille. « C’est un déchet qui a plus de trente ans et on en retrouve des morceaux quasiment neufs. Quand on parle de la décomposition du plastique, il y en a une partie qui finit en microclastique, mais il y a aussi des morceaux qui restent entiers. On en a vraiment pour des années et des années avant que ça disparaisse », précise Fabien Boileau, le directeur du parc.

Et la présidente de l’association Ar Viltansoù n’est pas plus optimiste. « Le gros des téléphones est déjà parti, la mer a fait son travail depuis trente ans. On arrive après la bataille. »

Une partie de ce mystère est donc résolue, mais reste encore des inconnues. De quel cargo vient ce conteneur ? Y en avait-il d’autres ?

Selon le World Shipping Council (WSC), l’association qui regroupe les armateurs de porte-conteneurs dans le monde, 1.390 conteneurs sont tombés à la mer en 2017, une estimation vraisemblablement inférieure à la réalité cependant du fait de dissimulations ou sous-déclarations d’accidents.

Le reportage de France Info:

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