Le lama pourrait être notre meilleur allié dans la lutte contre la grippe

Les défenses immunitaires sont dix fois plus petites que celles de l'homme et sont capables de se fixer à des endroits que ne peuvent pas atteindre nos anticorps
Les défenses immunitaires sont dix fois plus petites que celles de l'homme et sont capables de se fixer à des endroits que ne peuvent pas atteindre nos anticorps - © FRANCK FIFE - AFP

Le lama est réputé pour sa propension à cracher à la figure de ses ennemis, pour sa silhouette atypique mais aussi parce qu'après le flamand rose, il pourrait bien être la prochaine tendance déco dans nos maisons. Sa popularité pourrait bien être boostée par un autre facteur dans les années à venir : son système immunitaire. Selon des chercheurs venus des quatre coins du globe, cette espèce pourra être la base d'un type de vaccination révolutionnaire contre la grippe.

Chaque année, les plus chanceux échappent à la grippe. Pour les autres, c'est le début d'un calvaire agrémenté d'une cure de repos à base de mouchoirs en papiers. Des scientifiques ont peut-être trouvé un échappatoire à cet état peu enviable, grâce aux lamas. Ils ont publié dans la revue Science le résultat de leurs recherches qui laissent penser qu'il serait envisageable de créer un spray nasal anti-viral pour contrer cette maladie tenace. 

À la base de ce procédé médical : les anticorps de l'animal emblème du Pérou. Les anticorps sont les agents sécretés par notre corps lorsqu'une maladie s'attaque à notre organisme. Cependant, on sait, et les chiffres de personnes touchées par la grippe le témoignent chaque année, que ces défenses naturelles sont très peu efficace contre les virus grippaux. En cause : 60 protéines différentes transmettent la grippe et elles varient d'année en année. Difficile donc pour les scientifiques de trouver un procédé assez efficace pour s'attaquer à toutes ces protéines à la fois.

Difficile, oui, mais pas impossible. C'est le bilan dressé par des chercheurs internationaux. Ils étaient déjà au courant que camélidés, espèce composée des lamas, des dromadaires et des chameaux, mais aussi les requins, possèdent un type d'anticorps particulier. Leurs défenses immunitaires sont dix fois plus petites que celles de l'homme et sont capables de se fixer à des endroits que ne peuvent pas atteindre nos anticorps. Ces mini anticorps sont appelés "nanocorps".

Testé sur des souris

Pour évaluer l'efficacité des nanocorps sur la grippe, les chercheurs ont d'abord injecté différentes protéines génératrices de la maladie à plusieurs lamas avant de constater qu'ils ne présentaient aucun symptôme. Pour transposer le processus à une autre espèce, l'équipe de chercheurs a administré à des souris les défenses immunitaires des symboles péruviens et ce, par injection. Mais pas une injection traditionnelle via une piqûre comme le vaccin anti-grippal que nous connaissons actuellement : par les narines via un spray nasal.

Les résultats sont "d'une ampleur et d'une puissance impressionnantes", écrivent les auteurs de la publication scientifique. Les souris testées ont eu un taux de survie largement supérieurs à ceux des rongeurs non traités lorsqu'on leur injectait diverses souches la grippe.

Mais il ne s'agit pour l'heure que de test, et donc de résultats préliminaires. L'efficacité observée chez les souris n'est pas automatiquement transposable à l'être humain. Ces tests sont néanmoins encourageants pour la suite et nous donnent de nouvelles raisons d'aimer les lamas.

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