Le collectif Manifestement descend dans la rue "pour un partage de la violence"

Capture d'écran de la page d'accueil du site du collectif manifestement
Capture d'écran de la page d'accueil du site du collectif manifestement - © DR

A l'appel du Collectif Manifestement, près de 100 personnes ont manifesté "pour un partage de la violence", dimanche, à 15 heures, de l'avenue Mahatma Gandhi, à Molenbeek-Saint-Jean, jusqu'à l'avenue de la Liberté, à Koelkelberg. Un happening qui se renouvelle chaque année, sur des thèmes très diversifiés.

Le Collectif Manifestement organise annuellement une manifestation au thème "improbable et dérangeant", aux alentours du "blue monday", lundi de la dernière semaine complète du mois de janvier, décrété en 2005 jour le plus déprimant de l'année par le psychologue anglais Cliff Arnall.

Les manifestants ont arboré sur des pancartes des messages inhabituels, comme "la violence pour tous" ou "la non violence est un manque de vocabulaire".

Xavier Löwenthal, auteur et porte-parole du Collectif Manifestement, explique que cette action est contre la privatisation de la violence: "On nous apprend que la violence est mal, que l'argent est sale, qu'il ne faut pas abuser du pouvoir et que le travail c'est vraiment bien. Puis, on se rend compte que les gens qui représentent ces belles valeurs accumulent l'argent, préfèrent que les autres travaillent pour eux et ont des armées pour nous taper dessus si nécessaire. On se dit alors que rien n'est en soit bon ou mauvais. La violence est un bien qui doit être partagé. Elle peut parfois être légitime et même nécessaire. La violence existe en permanence et on nous recommande d'y répondre par le pacifisme. Pour nous artistes, la violence est une force dont on se sert. C'est une évidence que le pacifisme béat est une forme de bêtise."

Fidèle à la phrase de Louis Althusser selon laquelle "La pensée est toujours un détour" -phrase placée en exergue de la charte du mouvement- le collectif Manifestement s'emploie à organiser une manifestation annuelle dont le thème doit être "rafraîchissant, impobable et dérangeant". Le collectif revendique le caractère "politique" de ce troisième terme. De plus, "le collectif abuse goulûment de la liberté d’expression" peut-on encore lire dans leur charte. En 2007, le collectif manifestait pour le rattachement de la Belgique au Congo, et en 2009 contre la mort, qui "commence à bien faire". Prudents, les membres du collectif ont déjà planifiés leurs thèmes de manifestation jusqu'en 2040.

T.N. avec Belga

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