L'écrevisse est une grande stressée de la vie, c'est la science qui le dit

Bientôt des combats d’écrevisses pour tester leur anxiété chronique
Bientôt des combats d’écrevisses pour tester leur anxiété chronique - © FRANK PERRY - BELGAIMAGE

Des chercheurs de l’université de Bordeaux viennent de démontrer que le crustacé que nous croisons épisodiquement dans notre assiettes souffre d’un mal très humain: l’anxiété.

Et cela étonne les scientifiques qui, jusqu'à présent, pensaient que cette réaction était l'apanage d'animaux intellectuellement plus développés. L’homme par exemple.

La preuve est donc faite par le CNRS que même avec quelques milliers de neurones seulement, un cerveau peut éprouver de la peur et du vague à l’âme. Bref, ne pas être dans son assiette lorsque l’on est dans celle d’un autre.

Pour atteindre cette certitude, les chercheurs ont fait subir à des cobayes de brefs chocs électriques durant 30 minutes. Logiquement les crustacés suppliciés ont cherché à fuir l'aquarium et, placés dans un nouveau lieu, ont "spontanément recherché les zones sombres du labyrinthe pour s'y réfugier ". Au contraire, les écrevisses non soumises à la gégène ont exploré l'intégralité du lieu, même les zones les plus lumineuses.

Dans une interview accordée au Figaro, l’auteur de l’étude a précisé que le phénomène dure environ une heure et demie, après quoi les écrevisses "reprennent un comportement normal ". Les scientifiques ont également administré aux "malades" une molécule anti-anxiolytique qui a eu un effet relaxant. Les animaux ont alors exploré l'ensemble du labyrinthe, comme si de rien n'était. L’un des chercheurs précise encore au journal que "les écrevisses sont des animaux très curieux, ce qui facilite les expériences".

La prochaine étape de l’étude consistera à déterminer "si des combats violents entre ces crustacés peuvent induire une anxiété chronique."

La prochaine fois que vous mangerez un homard qui n’a qu’une pince, ce sera peut-être la dépouille d’un cobaye qui a participé à une expérience sur l’anxiété. Et qui a perdu.

JCV

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