La flamme olympique portée par L. Mittal: une "insulte" pour les syndicats

La flamme olympique portée par Lakshmi Mittal: une "insulte" pour les syndicats
2 images
La flamme olympique portée par Lakshmi Mittal: une "insulte" pour les syndicats - © Tous droits réservés

La CNE, la CSC, le SETCa et la FGTB Métal qualifient le porté de la flamme par le patron d'Arcelor-Mittal de "véritable insulte". Des associations dénoncent aussi avec humour les agissements d'entreprises partenaires des Jeux Olympiques de Londres. Après les scandales liés aux tickets revendus au marché noir ou les révélations concernant l'impossibilité des sous-traitants d'assumer leurs missions en matière de sécurité, l'image des "JO" est une nouvelle fois écornée.

Ce 27 juillet, il est prévu que Lakshmi Mittal, patron d'Arcelor-Mittal, porte brièvement la flamme olympique dans les rues de Londres.

Dans un courrier commun du CNE, de la CSC Metea Liège, du SETCa-Liège et de la FGTB Métal Liège-Luxembourg, les syndicats dénoncent cet épisode comme une "véritable insulte". Le courrier est adressé directement à Jacques Rogge, le président (belge) du Comité International Olympique (CIO).

Les représentants syndicaux estiment dans ce courrier que le milliardaire indien a liquidé "la sidérurgie liégeoise et plus largement semble-t-il, à terme, l’essentiel de la sidérurgie européenne" au nom "d’un calcul financier: Monsieur Mittal ne se débarrasse pas d’outils déficitaires, mais d’outils qui sont bénéficiaires, pas assez toutefois à ses yeux".

Le courrier relève également que la "responsabilité sociale" et "le respect des principes éthiques fondamentaux universels" figurent dans la Charte Olympique. Dès lors, les auteurs de la lettre disent ne pas "comprendre comment vous (Jacques Rogge) parvenez à combiner ces principes et l'Honneur de les défendre accordé (...) à un homme qui apparaît comme l'un des plus grands massacreurs d'emplois de l'histoire industrielle".

La conclusion de la missive est un peu la même que celle que dressaient les trois associations mentionnées plus haut: les auteurs ne saisissent pas que "l'Olympisme puisse récompenser ceux qui broient des vies".

Les médailles d'or des pires sponsors écornent encore l'image des JO

BP, Rio Tinto et Dow Chemical sont trois grands groupes qui ont en commun d'être partenaires des Jeux Olympiques de Londres.

Ils partagent désormais aussi le fait d'avoir été élus, ex-aequo, "groupe louche qui mérite le plus la médaille d'or du blanchiment écologique" et "groupe le plus destructeur écologiquement, dévastateur humainement (tout en prétendant) être une bonne entreprise citoyenne en sponsorisant les Jeux".

Cette peu enviable récompense leur a été décernée par trois associations: Bhopal Medical Appeal, UK Star Sands Network et London Mining Network.

Bhopal Medical est une association qui s'attèle à gérer les conséquences de la catastrophe de Bhopal qui a eu lieu en 1984. Pour rappel, en décembre 1984, une usine de produits chimiques de Union Carbide explose, libérant un gaz toxique qui fera 25 000 morts dans les deux semaines suivant la catastrophe selon des associations de victimes (le bilan officiel étant de 3500 tués). Dow Chemical, qui a racheté Union Carbide, a toujours refusé d'assumer la moindre responsabilité par rapport à cette catastrophe.

London Mining Network, de son côté, vise Rio Tinto, le groupe minier qui fournit officiellement les médailles de ces Jeux, de polluer sciemment l'eau et l'air et de ne pas traiter correctement ses travailleurs.

UK Tar Sands Network dénonce de son côté l'attitude du groupe pétrolier BP dont on se souvient qu'il avait déclenché une marée noire destructrice dans le Golfe du Mexique en 2010 suite à un accident sur une plateforme offshore.

Voilà pour la présentation du jury et des "médaillés". Si le potentiel médiatique infini des Jeux Olympiques constitue une aubaine pour les partenaires commerciaux, il fait aussi en sorte que chaque information concernant cette méga-rencontre sportive est immédiatement connue du monde entier.

Plusieurs polémiques qui écornent sévèrement l'image des olympiades ont ainsi déjà fait les une des médias avant même que la moindre épreuve ait commencé.

Les tickets revendus par des officiels au marché noir

Mi-juin, le journal britannique Sunday Times piégeait 27 agents représentant 54 pays prêts à revendre leurs billets au marché noir, certains journalistes se faisant passer pour des clients potentiels. Un scandale qui représente "une insulte aux fans et aux contribuables", selon l'éditorialiste du Guardian, Owen Gibson.  

La commission exécutive du Comité International Olympique a autorisé la commission d'éthique à mener une enquête.   

Parmi les personnes que le Sunday Times a piégées, on compte des officiels de haut-niveau, dont le président du Comité olympique grec, Spyros Capralos.   

En mai dernier, le secrétaire général du Comité olympique ukrainien avait, lui aussi, été piégé par des reporters de la BBC alors qu'il voulait lui-même écouler ses tickets au marché noir.

La sécurité en question

Autre polémique à avoir secoué l'organisation des JO: le fameux dossier de la sous-traitance de la sécurité au secteur privé.

Au-delà du débat sur l'opportunité de sous-traiter un service aussi sensible que celui de la sécurité au privé, c'est surtout l'incapacité du principal sous-traitant à honorer son contrat qui a endommagé l'image des Jeux.

Alors que le groupe G4S avait signé un plantureux contrat avec les autorités britanniques, le groupe s'est révélé, au dernier moment, incapable de fournir les plus de 10 000 vigiles qu'elle avait promis d'engager pour l'évènement.

Du coup, le gouvernement a dû mobiliser en catastrophe 3500 soldats et plusieurs centaines de policiers supplémentaires pour pallier la défaillance de G4S.

L'entreprise active dans la sécurité risque d'y laisser 50 millions de livres et une bonne part de sa crédibilité sur les marchés. Son cours de bourse a plongé de façon vertigineuse dès cette annonce rendue publique.

A travers cet épisode, c'est toute la question de la sous-traitance qui est posée en Grande-Bretagne. Le programme de coupes budgétaires lancé par le gouvernement de David Cameron a en effet accéléré un processus de sous-traitance au privé de missions de service public.

Une polémique dont se seraient bien passés tant le CIO que le gouvernement britannique. Une de plus.

Julien Vlassenbroek

 

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK