Jeux vidéo : des chercheurs néerlandais planchent sur un concept de Game Boy sans batterie, à l'énergie des doigts et du soleil

L'intérêt d'une console portable, c'est que l'on peut jouer n'importe où, sans la limite du câble. L'inconvénient, c'est qu'il faut recharger régulièrement les batteries. Une Game Boy par exemple, dotée de quatre piles AA, avait 10 à 15 heures d'autonomie dans les années 1990. Des chercheurs de la Northwestern University (à Chicago) et de l'Université de Delft (aux Pays-Bas) ont tenté d'aller plus loin, avec un concept révolutionnaire : une Game Boy alimentée par l'énergie du soleil... et des doigts.

Pour cela, les chercheurs expliquent avoir pris un vieux modèle de Game Boy de 1989. Tout autour de son écran de 6cm, ils ont fixé des panneaux solaires reliés à des condensateurs. "Ce sont simplement deux plaques de métal, que l'on peut recharger des millions de fois !", explique Josiah Hester, professeur assistant en ingénierie informatique à la Northwestern University, dans la vidéo de présentation.

L'autre source d'énergie, c'est donc la piézoélectricité, c'est-à-dire l'énergie générée par le mouvement des doigts. Autrement dit, la console se régénère en temps réel lorsque le joueur joue. Cette énergie vient également être stockée dans les condensateurs, qui alimentent le système de la machine chaque fois qu'elle a besoin.


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Si le prototype a plusieurs défauts, notamment sur le fait qu'il nécessite de faire des micro-pauses toutes les 10 secondes, et qu'il ne peut pas encore charger de son, il est surtout conçu dans le but de faire réfléchir sur les moyens d'alimentation des machines : ordinateurs, consoles, téléphones... "Une batterie est faite de composants chimiques qui se dégradent au cours du temps", rappelle Josiah Hester. Dans certaines conditions, comme dans l'espace ou au milieu d'un incendie, les batteries peuvent subir des chocs qui les rendrait inutilisables. "Quelle que soit l'urgence, notre machine fonctionnera", assure le chercheur.

Au-delà de l'aspect pratique, se passer progressivement des batteries pourrait avoir un impact écologique fort. Les composants qui servent à fabriquer nos piles et nos générateurs sont des matériaux polluants (cobalt, nickel, lithium) qui proviennent parfois de mines dans des pays en développement et sont extraits dans des conditions inhumaines. L'invention sera présentée à la conférence UbiComp, le salon de l'informatique ubiquitaire (littéralement l'informatique partout, tout le temps) le 15 septembre en visioconférence.

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