Ils pensent voler un tableau à 3 millions d'euros... et se retrouvent avec un faux

Ils pensent voler un tableau à 3 millions d'euros... et se retrouvent avec un faux
Ils pensent voler un tableau à 3 millions d'euros... et se retrouvent avec un faux - © Wikimedia Commons

Des cambrioleurs qui pensaient avoir dérobé mercredi un tableau du peintre Brueghel le Jeune dans une église du nord de l’Italie sont en fait tombés dans le piège des carabiniers qui avaient remplacé l’original par une copie.

« A l’heure actuelle, les voleurs sont toujours en fuite », a déclaré jeudi un carabinier de Castelnuovo Magra, petite localité de la province de La Spezia, en Ligurie (nord).

La nouvelle du vol s’est vite répandue la veille dans la région : des voleurs se seraient emparés du chef-d’œuvre du XVIIe conservé dans l’église du village, une « Crucifixion » signée de l’artiste flamand Pieter Brueghel le Jeune (1564-1636).

Sûrs de leur fait, ils sont arrivés en début d’après-midi en voiture devant l’Eglise Sainte Marie Madeleine avant de briser à coups de masse la vitrine qui protégeait le tableau et de repartir en trombe avec leur butin, selon les médias.

C’était sans compter les carabiniers qui, ayant eu vent de leur projet, avaient pris soin de remplacer il y a quelques semaines l’original de la « Crucifixion » (estimé à 3 millions d’euros) par une copie devant servir d’appât.

Déjà volé par le passé

Placé dans un lieu sûr et tenu secret, le véritable tableau de Brueghel le Jeune n’en est pas à sa première mésaventure.

Ce panneau de chêne de 43x67 cm avait en effet déjà été volé en 1979, dans la même église, par des malfaiteurs appartenant à la pègre locale, appréhendés alors qu’ils s’apprêtaient à le vendre à des acquéreurs étrangers, écrit le quotidien La Repubblica.

Une histoire racontée aujourd’hui encore aux étudiants en visite dans la région et qui pousse les touristes à faire un détour par Castelnuovo Magra pour admirer cet exceptionnel chef-d’œuvre.

L’œuvre est en fait elle-même la copie d’un tableau réalisé par le père de l’artiste, Pieter Brueghel l’Ancien (1525-1569) dont on a perdu la trace.

Elle comporte deux éléments caractéristiques : il y a quatre croix sur le Golgotha contre trois habituellement (celles de Jésus, du bon larron et du mauvais larron), l’une d’elles représentant la soumission des Flamands à l’Espagne, et elle est la seule parmi les crucifixions réalisées par Brueghel le Jeune à représenter la scène biblique au crépuscule.
 

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