Ils filment un avion de ligne à 10 000 m avec leur minicaméra HD et un ballon

Saisi en plein vol à 750 km/h, un avion de la Swissair passe tout près du ballon des élèves du professeur de physique Florent Coulon.
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Saisi en plein vol à 750 km/h, un avion de la Swissair passe tout près du ballon des élèves du professeur de physique Florent Coulon. - © Projet « Ballon stratosphérique BELIN VESOUL »

C’est une nouvelle activité, faite de vulgarisation scientifique, de jeu de piste et de photo de l’extrême : depuis quelques années, les groupes d’amateurs se multiplient qui s’amusent à envoyer dans la stratosphère des ballons sondes gonflés à l’hélium, emmenant des caméras haute définition, un GPS et des batteries.

La démocratisation de ce matériel permet à tout un chacun de l’acquérir et surtout de courir le risque de le perdre définitivement, ce qui arrive parfois. Mais une partie du plaisir de ce jeu consiste évidemment à calculer la trajectoire possible, à traquer la nacelle dans sa chute et à récupérer les images enregistrées.

Ces ballons peuvent monter jusqu’à une trentaine de kilomètres d’altitude, là où le ciel devient noir et la courbure de la Terre évidente. Cela donne lieu à des images superbes et permet de prendre conscience de l’infime couche respirable dans laquelle toute l’histoire humaine se déroule… C’est la dimension philosophique de l’expérience.

Plusieurs heures de vol

La difficulté technique de ces lâchers de ballons consiste notamment à protéger le matériel électronique du froid intense des hautes altitudes. Les ballons éclatent généralement vers 30 km puisqu’ils se dilatent à mesure que la pression atmosphérique diminue suite à l’altitude et à la raréfaction de l’air. La descente est ensuite amortie par un parachute. L’ensemble du vol peut durer deux à trois heures.

Récemment, des lycéens français ont réussi à filmer de près un avion de ligne de la Swissair en plein vol à 10 km d’altitude (la scène a lieu à la minute 4:27). Ce qui montre que le risque de collision n’est pas absent dans notre ciel encombré, c’est pourquoi tout lancement de ballon de ce type est soumis à une demande préalable d’une autorisation de vol qui sera délivrée par les autorités aéronautiques et l'engin doit être équipé d’un réflecteur radar.

Chasseurs de ballons

D’autres passionnés consacrent leurs loisirs à retrouver les ballons sondes lâchés par les services météorologiques officiels, qui en envoient plusieurs chaque jour dans l’atmosphère, et cela dans tous les pays industrialisés.

Aux limites de l'atmosphère

On considère que l’espace commence à 100 km d’altitude, une définition plus ou moins arbitraire, mais qui correspond à l'altitude où les ailes n’ont plus de portance, par absence d’air. Les avions de ligne volent à 11 km, les étoiles filantes s’allument vers 60 km. La stratosphère s’étend entre 20 km et 60 km environ, c’est une zone calme, sans turbulences.

Pour profiter au maximum des images proposées en lien, choisissez l’option HD dans Youtube et réglez l’affichage sur "plein écran".

Patrick Bartholomé

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