Epoque napoléonienne : inhumation commune de 126 soldats français et russes, tombés lors de la campagne de Russie (1812)

Obsèques de 126 soldats dans 8 cercueils, ce 13 février à Viazma (Russie)
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Obsèques de 126 soldats dans 8 cercueils, ce 13 février à Viazma (Russie) - © AFP

Il faisait également un froid polaire lors de cette terrifiante retraite de Russie, en 1812. Fin de campagne glaciale pour une guerre napoléonienne transformée en implacable déroute pour la "Grande armée" française...

Plus de 200 ans plus tard, les restes de soldats russes et français, tombés près du champ de bataille de Viazma, ont été inhumés ce samedi. Un rare moment d’unité franco-russe l’année du bicentenaire de la mort de Napoléon -l’Empereur est décédé le 5 mai 1821 à Sainte-Hélène-.


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Sous la neige et par des températures de -15°C, les 126 dépouilles réparties en huit cercueils recouverts des drapeaux des deux pays ont été mises en terre au son d’une salve de canon, en présence d’une centaine de figurants en costume d’époque, d’officiels mais aussi de descendants de grands généraux de l’époque napoléonienne.


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Les corps avaient été découverts dans une fosse commune entre Smolensk et Moscou. Ces 120 soldats, trois probables vivandières et trois adolescents – probablement des tambours — sont tombés, en marge ou lors de la bataille de Viazma du 3 novembre 1812, deux semaines après le début de la retraite qui culminera peu après dans l’horreur avec la traversée meurtrière de la Bérézina (maintenant en Biélorussie).

Réconciliation

A l’heure où la Russie est à couteaux tirés avec l’Occident sur moult dossiers, la cérémonie à Viazma, environ 200 kilomètres à l’ouest de Moscou, a marqué un rare moment d’unité symbolique.

"Au fil des générations, la mort et le temps réconcilient tout le monde", a déclaré Ioulia Khitrovo, 74 ans, arrière-arrière-petite fille du général en chef du tsar Mikhaïl Koutouzov, considéré comme un héros national pour avoir repoussé Napoléon.

Le Prince Joachim Murat, arrière-arrière-petit neveu du célèbre maréchal de Napoléon, a lui exprimé sa "très grande émotion" d’être présent à Viazma "pour saluer la mémoire des soldats de Napoléon" (le portrait du descendant du maréchal d’Empire dans cet article signé Libération).

"Que votre paix soit aussi celle de nos peuples, que votre fraternité soit aussi celle de nos Nations", a-t-il déclaré durant la cérémonie.

Bataille de Viazma, 3 novembre 1812

Russes ou Français ont été enterrés ensemble avec les honneurs au son de salves de canon et sous l’œil d’une centaine de figurants vêtus d’uniformes d’époque.

Pierre Malinowski, président de la Fondation pour le Développement des initiatives historiques franco-russes, à l’origine de l’évènement, avait salué la présence de ces descendants "directs des grands acteurs du conflit" qui commémorent ensemble ces soldats "que leurs ancêtres commandaient".

Les restes ont été mis au jour en 2019 par une équipe d’archéologues russes et français, au sud-ouest de Viazma, ville de 52.000 habitants. Une dizaine d’années plus tôt, ils avaient été découverts une première fois par une pelleteuse d’un chantier.

Les férus locaux d’histoire ont cru d’abord qu’il s’agissait d’une des nombreuses fosses communes datant de la Seconde Guerre mondiale qui parsèment l’ouest de la Russie.


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Finalement, une expertise de l’Académie russe des Sciences a établi qu’il s’agissait de victimes de la campagne de Napoléon, principalement âgées de 30 à 39 ans, explique à l’AFP l’anthropologue Tatiana Chvedtchikova.

La découverte de boutons métalliques d’uniformes a permis d’établir que certains des défunts "appartenaient aux 30e et 55e régiments d’infanterie de ligne et au 24e régiment d’infanterie légère de l’Armée de Napoléon", explique Alexandre Khokhlov, chef de l’équipe d’archéologues sur place.

Retrouvée par hasard, cette sépulture collective est sans doute loin d’être la dernière à découvrir le long de la route de la campagne de Russie, qui a fait plusieurs centaines de milliers de morts.

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