En vendant des sapins en ligne, Amazon va-t-il gâcher Noël?

A partir de novembre, l’entreprise proposera de vrais sapins à taille réelle.
A partir de novembre, l’entreprise proposera de vrais sapins à taille réelle. - © Frank Rumpenhorst - BELGAIMAGE

Plus que jamais, Amazon est sous le feu des critiques. Après avoir été accusé de ruiner les libraires, de frauder le fisc ou de sous-payer ses employés, voilà le géant américain pointé du doigt pour une raison bien plus étonnante : il s’apprêterait à ruiner l’esprit de Noël. Le site américain Quartz explique qu’à partir de novembre, Amazon mettra en vente des sapins de Noël en ligne, à environ 100 euros la pièce.

C’est la première année où l’entreprise proposera de vrais arbres à taille réelle, un an après avoir vendu des mini-sapins hauts de 90 cm. De quoi mettre à mal la tradition de Noël aux États-Unis, où l’immense majorité achète son sapin auprès des vendeurs ambulants ou va directement le choisir dans une ferme.

Ce qui importe c’est la taille et l’espèce de l’arbre

Mais une question reste en suspens : si un Américain accepte d’acheter quasiment les yeux fermés un livre ou une dinde de Noël, en est-il vraiment de même pour un sapin ? "Pour la plupart des gens, ce qui importe c’est la taille et l’espèce de l’arbre, explique Kelsey Kennedy, une journaliste qui a grandi dans une ferme à sapins de Noël dans l’Oregon. Si Amazon peut livrer des arbres symétriques, pas trop clairsemés, et qui respectent ces deux critères, ça marchera très bien pour eux."

Les vendeurs déjà à la peine face aux supermarchés

Toutefois, le coup sera dur pour les vendeurs ambulants, plus encore que pour les producteurs. C’est ce qui a poussé George Nash, un vendeur new-yorkais, à développer son propre réseau avec des producteurs du reste du pays. Contrairement au modèle d’Amazon, ses prix sont fixés par rapport aux moyens des acheteurs, comme il l’explique au New York Times. "Nos emplacements haut de gamme subventionnent tous nos emplacements moins chers, où nous devons vendre nos arbres pour 35 dollars à des gens qui n'ont vraiment pas beaucoup plus que cela", raconte George Nash.

Mais même sans la menace d’Amazon, les vendeurs de sapin sont déjà en souffrance : la concurrence des supermarchés et la montée des tarifs pour les espacements sur le trottoir forcent de plus en plus de vendeurs à plier bagage.

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