En Equateur, au Chili, au Pérou, les frères encombrants des présidents

Amérique du Sud
Amérique du Sud - © Emilio Ereza (agefotostock)

Ils sont en prison, dans les pages à scandale, soupçonnés de corruption, ou critiques invétérés: les frères des présidents du Pérou, du Chili, et d'Equateur sont devenus sources de migraines pour leurs gouvernants de frères, quand ils ne menacent pas de se poser en rivaux.

"Garde du palais" présidentiel: cette délicatesse à l'encontre du président péruvien Ollanta Humala, 49 ans, vient de son frère Antauro, 48 ans, en prison pour une rébellion militaire qui fit six morts en 2005, et en passe de devenir la coqueluche des médias, entre frasques, petites phrases et prétentions présidentielles.

Des photos et vidéos l'ont récemment montré fumant de la marijuana dans sa cellule, utilisant un téléphone portable ou recevant une maîtresse; la presse s'arrache des interviews en théorie interdites et l'opposition demande des comptes sur ce drôle de régime pénitentiaire, au point que le président a dû se plier à une mise au point, réaffirmant sa distance. "Je ne partage rien de ce qu'il fait, de ce qu'il dit, de ce qu'il pense", a déclaré Ollanta Humala, qui fut tout de même assez proche d'Antauro, comme lui un ex-officier, pour mener avec lui un bref soulèvement dans une caserne, en 2000, à la fin de la présidence d'Alberto Fujimori.

Et quand ce n'est pas l'un, c'est l'autre chez les Humala, famille très politisée, nourrie de "nationalisme andin". Quelques jours avant d'assumer la présidence en 2011, le président péruvien dut désavouer un autre frère, Alexis, 46 ans, déjà parti en Russie négocier des contrats gaziers.

Récemment, c'est l'aîné Ulyses qui distillait ses analyses politiques, estimant avec la majorité des Péruviens que ce n'était pas Ollanta mais son influente épouse Nadine qui "gouverne le pays. C'est elle la présidente".

En Equateur, le frère de Rafael Correa

Le frère aîné du président Rafael Correa (48 ans) ne bénéficie pas davantage d'empathie familiale. Fabricio raille son frère, l'accuse de copier les modèles "messianiques" du Venezuela ou Cuba, rappelle qu'il "l'a fait président", et "doit continuer à lui corriger certaines choses, comme lorsqu'ils étaient petits".

Et pour le corriger, quoi de mieux qu'un parti rival? Fabricio, ingénieur et entrepreneur de 53 ans, vient de créer une formation d'opposition, Equipo (Equité, Progrès et Ordre), et entend bien se présenter à la présidentielle de 2013, à laquelle son frère pourrait aussi être candidat.

Le fossé entre les deux se creusa après la révélation de contrats signés entre l'Etat et des entreprises liées à Fabricio, contrats que Rafael Correa fit annuler en 2009.

"C'est de ma faute si j'ai un mauvais frère ?", a demandé il y a peu le président socialiste, qui accuse la presse de promouvoir Fabricio "pour nuire au gouvernement", et prédit à ce dernier le "ridicule" s'il se présente aux élections.

Au Chili, le frère de Sebastian Pinera

Miguel Pinera fait partie du décor. "El Negro" (il s'habille toujours de noir), musicien médiocre et noctambule avéré, propriétaire de discothèques, est un familier des pages people depuis des années, où il se vante d'être le mouton noir de la famille, vivant aux crochets de son milliardaire de frère Sebastian (62 ans), chef de l'Etat depuis 2010.

Cette présence excentrique s'est muée en réel embarras pour le président lorsqu'en début d'année, l'ex-femme de Miguel, dans sa demande de divorce, l'accusa de violences perpétrées dans une résidence officielle.

"Ce n'est pas facile, d'être le frère de", commenta Miguel, persuadé que la presse lui mène la vie dure pour nuire à son frère.

AFP

 

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