En Afrique du Sud, une otarie tue... cinq requins et s'en nourrit

En Afrique du Sud, une otarie tue... cinq requins et s'en nourrit
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En Afrique du Sud, une otarie tue... cinq requins et s'en nourrit - © Tous droits réservés

Au large de Cape Town en Afrique du Sud, la loi du plus fort semble s'être inversée un instant : une otarie s'est attaquée à cinq requins pour finalement s'en nourrir. Un fait observé pour la première fois entre ces animaux.

C'est "le monde à l'envers", écrit le site de l'hebdomadaire Sciences et Avenir. Une otarie à fourrure s'en est prise à un groupe de requins bleus en Afrique du Sud et s'est nourrie de leurs viscères.

Il s'agit d'un comportement tout à fait inédit selon l'ichtyologue - spécialiste de l’étude des poissons - Chris Fallows et deux chercheurs de l'université de Miami, auteurs de l'étude de ce phénomène publiée dans l'African Journal of Marine Science (publiée le 16 mars). Celle-ci démontre que "cette attaque a de nombreuses implications sur le fonctionnement de la chaîne alimentaire".

L'observation de ce phénomène est un fameux hasard. Alors qu'il avait emmené un groupe de touristes en haute mer en 2012 pour les faire plonger au milieu des requins, Chris Fallows a vu cette otarie se nourrir de cinq squales "qu'elle a littéralement mis à mort".

Acte isolé ou "nouvelle forme de prédation" ?

Ces animaux ont pourtant une alimentation similaire, l'otarie à fourrure et le requin bleu mangent tous deux des petits poissons, des calmars, des crabes. Mais, cette fois, l'otarie a volontairement délaissé ses proies habituelles, pourtant présentes à proximité, pour s'attaquer aux requins.

Les chercheurs s'interrogent sur ce comportement et tentent de savoir s'il s'agit d'un acte rare et isolé, ou bien si l'on peut parler d'une "nouvelle forme de prédation". Il pourrait en fait s'agir d'une sorte de régulation de la chaîne alimentaire, car, qui dit trop de requins avec le même régime alimentaire, dit moins de nourriture pour les otaries. Le but serait donc de "limiter la compétition dans l'océan pour l'accès à la nourriture".

L'otarie s'est par ailleurs spécifiquement nourrie des viscères de ces requins. Et de cette partie de leur corps uniquement. Une preuve qu'elle n'était pas affamée, mais aussi une preuve qu'elle pourrait à terme constituer une menace pour cette espèce déjà considérée comme étant en danger. Car, si l'otarie ne se nourrit que de viscères de requins, elle doit tuer un grand nombre d'individus.

T.M. avec Sciences et Avenir

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