Ces sportifs que leur mort a rendu célèbres

Panama Brown était un boxeur panaméen, un grand gaillard qui faisait 1,80 m et boxait chez les coqs en moins de 53 kilos.
Panama Brown était un boxeur panaméen, un grand gaillard qui faisait 1,80 m et boxait chez les coqs en moins de 53 kilos. - © BELGA/AFP

Ce jeudi 2 novembre, c'est le jour des morts. L'occasion d'évoquer des morts célèbres dans le sport avec plusieurs histoires. Des sportifs morts dans des conditions tout à fait étonnantes qui ont connu une gloire posthume. 

Le cavalier mort

La première histoire date des années 1920, le 4 juin 1923 très précisément. Elle concerne un jockey américain qui s'appelle Frank Hayes. Plus exactement, il est propriétaire de chevaux, et il a inscrit une de ses montures dans une course qui doit se dérouler sur l'hippodrome de Belmont Park dans l'état de New York. Sauf que ce jour-là, son jockey lui fait faux bond. Il ne trouve pas de remplaçant, du coup il décide de monter lui-même le cheval. Est-ce le manque d'habitude, le stress, une mauvaise forme physique? Difficile à dire, toujours est-il qu'il fait une crise cardiaque et qu'il décède. Mais il ne tombe pas de cheval, et son cheval remporte l'épreuve. A l'arrivée, on vient donc féliciter le cavalier mort. Cela doit être le seul athlète dans l'histoire du sport qui a été célébré, même après son trépas. 

Sponsoring post mortem 

La deuxième histoire met en scène Jim Thorpe, qu'on représente souvent comme le plus grand athlète de tous les temps. C'était un bonhomme extraordinairement doué, le genre de type qui découvrait une discipline et puis qui aussi sec s'inscrivait parmi les meilleurs pratiquants au monde. Ça lui a valu de remporter les médailles d'or au décathlon et au pentathlon des Jeux olympiques de Stockholm en 1912. Mais il brillait dans tous les autres sports aussi: il faisait du football américain, du baseball, du basketball,... Un type vraiment étonnant! 

Il a eu la gloire pendant la première partie de sa vie, et puis la déchéance, comme cela arrive malheureusement souvent, et il meurt en 1953 à l'âge 61 ans dans une misère noire. Il laisse sa troisième épouse sans le sou, et elle répond donc positivement à une demande qui émane de notables venus d'une petite ville de Pennsylvanie, au nord des Etats-Unis, pour récupérer la dépouille de son mari. Cela fait un peu penser à ces histoires du Moyen-Age où les cathédrales devaient absolument procurer des reliques pour faire venir les touristes. Dans ce cas-ci, ces notables de Mauch Chunk, c'est le nom de cette petite ville de Pennsylvanie, décident donc de reprendre le corps de Jim Thorpe, où il n'a jamais été de son vivant. Un formidable mausolée a été fabriqué en son honneur, et la ville est rebaptisée du nom de Jim Thorpe City, le nom qu'elle porte toujours aujourd'hui. La veuve a donc vendu le corps de son mari en 1953.

Après, les enfants de Jim Thorpe ont essayé de récupérer la dépouille pour l'enterrer dans la réserve d'Oklahoma, puisqu'il était d'origine indienne, et puis il y a eu des procédures qui ont mis vraiment des années. Ce n'est finalement qu'en 2015 que on a décidé que Jim Thorpe resterait à Jim Thorpe City.

La dernière tournée

Panama Brown était un boxeur panaméen, un grand gaillard qui faisait 1,80 m et boxait chez les coqs en moins de 53 kilos. Il faut donc imaginer un type longiligne, extrêmement doué (165 combats, 132 victoires). C'était surtout un personnage étonnant: il a fait carrière à Paris, et quand il ne boxait pas, c'était une star de la nuit parisienne, il allait sur scène aux côtés de Joséphine Baker. C'est également un des premiers sportifs à parler de son homosexualité (il était l'amant de Jean Cocteau). Une vie tout à fait étonnante qui, encore une fois, se termine dans la misère.

Il retourne à New York, il boit sa fortune, et donc quand il meurt en 1951, il n'a que 48 ans, et évidemment, il n'a laissé aucun argent pour payer les funérailles. Du coup, ses copains vont récupérer son corps à l'hôpital de Seaview où il est décédé, et font la tournée des bars dans l'idée de récolter de l'argent pour lui payer ses obsèques. La bande de potes qui tirent le corps d'un grand boxeur noir de bar en bar récoltent finalement pas mal d'argent, mais cet argent est tout de suite bu. A la fin de la nuit, la petite troupe se disperse, saoule, et on oublie le pauvre Panama Brown sur la banquette du dernier bar qu'ils ont visité. Il fait donc partie de ces personnes dont on pourrait dire qu'il fréquentait encore les bars même après sa mort. 

 

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