Des scientifiques américains s'inquiètent de l'augmentation du nombre de piles avalées par des enfants

Des scientifiques américains s'inquiètent de l'augmentation du nombre de piles avalées par des enfants
Des scientifiques américains s'inquiètent de l'augmentation du nombre de piles avalées par des enfants - © George Hodan - CC0 Public Domain

Une étude publiée cette semaine dans le journal scientifique Pediatrics et relayée par le New York Times s’inquiète de l’augmentation des cas d’ingestion de corps étrangers chez les jeunes enfants. Ils constatent une augmentation de 92% entre 1995 et 2015.

30.000 cas d’ingestions d’objets par des enfants de moins de six ans ont été étudiés sur vingt ans. Les chercheurs observent notamment que le nombre de bambins admis aux urgences aux Etats-Unis dans de telles situations était passé de 22.000 en 1995 à 43.000 vingt ans plus tard. Bien que les cas soient mieux signalés qu’auparavant, Danielle Orsagh-Yentis, responsable de l'étude, dénonce surtout une multiplication de jouets fonctionnant sur piles.

Les piles, et plus spécifiquement les piles dites « bouton », sont partout. De la bougie de table à la télécommande, en passant par une ribambelle de jouets électroniques. « On en trouve dans tous les foyers, même si les habitants n’en sont pas toujours conscients », prévient la chercheuse. En 2015, les scientifiques observent 150 fois plus de cas d’ingestion de piles qu’en 1995. Et cette absorption peut s’avérer fatale.

Deux cuillères de miel

L’Académie Américaine de Pédiatrie (AAP) parle d’un délai de deux heures à partir duquel les séquelles engrangées sont irréparables. Une pile avalée risque de provoquer une série de réactions chimiques au sein de l’organisme. Le courant électrique susceptible de se déclencher dans l’œsophage peut provoquer des brûlures, de l’infection, une perforation des tissus digestifs, une paralysie des cordes vocales ou une hémorragie interne. Oui, parler d'objet dangereux relève ici de l'euphémisme.

En cas d’ingestion, l’AAP recommande de donner deux petites cuillères de miel aux enfants de plus d’un an pour protéger et limiter le risque de blessures ou brûlures. Dans tous les cas, se rendre aux urgences pour extraire la pile ingérée doit demeurer la priorité absolue.

Pièces de monnaie appétissantes

Les pièces de monnaie restent en tête du classement des objets les plus avalés par des enfants de moins de six ans aux Etats-Unis, où elles concernent plus de 58% des cas sur l’année 2015, et près de 80% sur toute la durée de l’étude. À l’hôpital Mont Sinaï de New York, l’ORL pédiatrique Aldo Londino se souvient avoir déjà eu affaire à une pièce de monnaie, une bille, ainsi qu’une jambe de Lego « difficile à saisir à cause de sa forme », se souvient-il.

Les œsophages des bambins sont parfois pleins de surprises puisque l’étude relate également des cas d’ingestions de bijoux, de clous et de vis, de magnets ou de petites décorations de Noël. Les enfants âgés d’un à trois ans seraient les plus touchés.

La Dr Danielle Orsagh-Yentis invite les parents à redoubler de vigilance en stockant tout objet dangereux en hauteur « pour que les enfants n’y accèdent pas facilement », mais aussi « hors de leur champ de vision pour que l’idée ne les effleure même pas », recommande-t-elle. Un paramètre à prendre en compte lors de l’achat d’éventuels jouets.

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