Coronavirus : pour les nostalgiques de l’avion, certaines compagnies proposent des vols… pour aller nulle part

La pandémie de covid-19 a cloué les avions au sol pendant de longs mois, et si quelques-uns repartent, les destinations restent limitées. Un bon point pour l’environnement, mais un calvaire pour le secteur et pour… les addicts à l’avion. En effet, certains sont véritablement en manque de voyage aérien. La solution ? Faire du surplace.

Le New York Times raconte que plusieurs compagnies, dans des pays comme Brunei, Taïwan ou même l’Australie, proposent des vols qui font un petit tour au-dessus du pays ou de la région et reviennent à leur point initial. Et ça marche : jeudi dernier, Qantas, la compagnie australienne, a annoncé un "vol scénique" de sept heures autour du sud du pays, de Sydney à Sydney, pour un prix allant de 575 à 2765 dollars (485 à 2335 euros). En dix minutes, le vol, prévu le 10 octobre, était complet.


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"Beaucoup de nos voyageurs habituels prennent l’avion toutes les deux semaines et nous ont dit que l’expérience de vol leur manquait autant que les destinations elles-mêmes", explique dans un communiqué Alan Joyce, directeur général de Qantas. Le vol a tout d’une petite escapade touristique : les voyageurs pourront voir le rocher Uluru ou la grande barrière de corail de très près, puisque la compagnie assure qu’elle volera bas, à près de 1200 mètres de haut, dans un Boeing spécial aux hublots plus larges.

Le nom varie : parfois les compagnies parlent de "vol scénique", d’autres de "vol pour nulle part", mais le principe reste le même. A Brunei, un petit émirat coincé au milieu de la Malaisie sur l’île de Bornéo, la compagnie nationale a effectué cinq vols depuis la mi-août, et se paie même le luxe de ne pas obliger les passagers à porter un masque, puisque le pays est peu touché par le virus. On compte également des vols du même type à Taïwan ou au Japon.

Je veux voir des nuages !

Le phénomène attire même l’intérêt d’autres pays. Dans une agence de voyages à Bangalore, dans le centre de l’Inde, les clients réclament même l’arrivée de tels vols dans le pays. "Un de mes clients m’a dit : 'tout ce que je veux c’est un siège près du hublot pour voir les nuages passer. Je veux voir des nuages blancs et moelleux !' ", raconte Loveleen Arun, le gérant de l’agence, au New York Times. On frise parfois l’absurde : "Certains veulent même apporter leurs bagages à l’aéroport, juste pour les faire enregistrer…"

Pour qualifier cet attrait étonnant pour l’expérience de l’avion, certains n’hésitent pas à utiliser le registre… de la drogue, comme Sky News, qui titre "Le vol 'pour nulle part' donne aux voyageurs leur dose d’avion". D’un autre côté, note le site, ces vols touristiques ont un intérêt pour les compagnies, qui s’y retrouvent financièrement, ainsi que les pilotes : ils permettent à certains de continuer à pratiquer et donc à garder leur licence un peu plus longtemps.

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