Coronavirus : cinq situations rendues inhabituelles lors de l'année 2020 et qu'on espère retrouver en 2021

N’avez-vous jamais eu cette impression étrange d’être dérangé ou mis mal à l’aise lorsque vous voyez deux personnes trop proches dans une émission de télévision diffusée sur l’écran qui trône au milieu de votre salon ? Distances de sécurité, port du masque, proscription des foules, l’année 2020 aura été déroutante pour un bon nombre de raisons et aura rendu habituelles des situations que nous n’aurions jamais crues envisageables dans nos frontières.

Alors que 2021 n’a jamais été aussi proche et que nous sommes nombreux à trépigner d’impatience de tourner la page sur cette année on ne peut plus chahutée, retour sur cinq situations devenues inhabituelles voire bizarre aux yeux d’un monde qui a vécu avec la crainte de la transmission du Covid-19.


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Les grands rassemblements

Rappelez-vous la dernière fois où vous avez été plongé au cœur d'un rassemblement de plus de dix personnes tout au plus ? Si certains ont pu profiter d'un concert dans le strict respect des mesures sanitaires entre les deux confinements qui ont rythmé l'année 2020 des Belges, la majeure partie des véritables derniers bains de foules dans la mémoire du plus grand nombre doit se situer avant le 12 mars. C'est ce jour-là que les autorités du pays ont proscrit "toutes les activités récréatives, culturelles, folkloriques privées ou publiques, peu importe leur taille".

Depuis ce jour, aucun festival, foire, salon ou encore carnaval de grande envergure n'a permis à quiconque de pouvoir jouer des coudes entouré de milliers d'autres personnes dans une euphorie collective. La situation est si incertaine que la majorité des cortèges qui défilent traditionnellement dans les rues de Belgique entre février et avril ont d'ores et déjà annoncé que l'édition 2021 de leur carnaval n'aurait pas lieu.


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Symptomatique du manque d'être entouré de nombreuses personne ou bien de l'agoraphobie latente générée par le lointain souvenir que constitue aujourd'hui les grands événements, nous regardons aujourd'hui avec un nouvel œil les rassemblements. Tandis que la règle actuelle n'autorise à être entouré que de quatre personnes en extérieur, nous sommes bien loin de l'affluence d'un festival ou d'un salon de grande envergure.

À quand le prochain bain de foule ? Rien n'est mois sûr mais avant, il faudra prendre sur soi pour être à nouveau capable de supporter d'être cerné entre des milliers d'autres personnes et qui sait ... peut-être sans masque. 

La bise et la poignée de main

Qui l’eut cru. 2020 aura été l’année où se dire bonjour est devenu un casse-tête. C’est en février que nous entendons parler pour la première fois de "gestes barrière" alors que l’Italie est touchée de plein fouet par le Covid-19 et que la ministre de la Santé de l’époque, Maggie De Block, assure que "le risque que le virus atteigne notre pays est réel". Pour se prémunir de l’infection, les autorités entament une campagne de sensibilisation en préconisant de petits réflexes à adopter au quotidien pour ne pas transmettre le virus.

Parmi eux, la poignée de main, comme la bise sont déconseillées avant d’être carrément proscrit lorsque le virus s’abat de plein fouet sur notre pays. Aujourd’hui encore rares sont les personnes avec lesquelles on se laisse aller à un petit bisou ou à une poignée de main. Ce genre de salutations ont laissé la place au désormais habituel "check du coude" ou à un simple signe de la main. Et le temps des "bonjour" tels que nous les connaissions dans le monde pré-Covid paraissent aujourd’hui bien loin. D’autant que même lors du premier déconfinement, jamais il n’a été préconisé d’abandonner ces petits gestes de sécurité.


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Si certains enfants sont parfois frileux à accorder la bise, ils pourraient trouver ces nouveaux compromis pratiques. Comment dira-t-on bonjour à sa famille, ses collègues ou à des inconnus dans le monde où le Covid ne sera plus qu’un lointain souvenir ? Difficile de le savoir mais rien ne vous empêche de garder votre "salut" préféré, après tout, on pourra peut-être retirer certaines habitudes plus confortables de cette crise (car oui, l’auteur de ces lignes se passerait bien de la bise… pour toujours).

Les grandes tablées à la maison

Avoir plus d'un convive à sa table n'est aujourd'hui possible que dans les rediffusions de vieux épisodes de l'émission "Un dîner presque parfait". Et si le fait de voir plusieurs personnes, qui ne se connaissent pas, partager la même table sans distance vous irrite, c'est normal. Depuis le 30 octobre, la règle de la personne de contact unique a modifié nos habitudes, d'autant plus quelques jours après les fêtes où nous avons été restreints à un seul invité. Exit les grandes tables où Mamy est assise entre cousin que vous ne voyez de toute façon qu'à Noël et l'oncle complotiste, cette année, il a fallu faire avec sa bulle et puis c'est tout.

Que vous trépignez déjà d'impatience de pouvoir faire Noël avec une famille plus élargie en 2021 ou pas, vous pouvez vous réjouir d'avoir vécu un Noël 2020 unique qui restera dans les mémoires. Et si vous vivez bien la compagnie de votre seul et unique invité autorisé, il faudra sans doute à nouveau vous habituer à être invité à de plus grandes tablées une fois la pandémie passée.

Les visages découverts

On le pensait l'apanage unique du personnel des soins de santé ou des habitants de certains pays d'Asie que nous regardions avec des yeux circonspect. Il faut aujourd'hui avouer que le masque a fait une entre fracassante dans nos vies. Qu'il soit bleu, FFP2, décoré de petites fleurs ou rendu inefficace car porté sous le nez, à l'exception des moins de 12 ans qui en sont encore exemptés, nous avons tous déjà porté un masque.

Si bien qu'à force de ne voir quasi exclusivement que des visages masqués lorsque nous sortons de chez nous, nous avons fini à nous habituer à ne croiser que de demi-visages. N'en déplaise aux anti-masques, celui qui est devenu un accessoire indispensable dans une Belgique vigilante est d'abord devenu obligatoire début mai dans les transports en commun. Cette obligation s'est ensuite élargie à de nombreux lieux publics de divertissement, de service public ou de culte mi-juillet. Et pour arriver à une obligation du masque en plein air, il n'y avait vraisemblablement qu'un pas puisque plusieurs communes ont ensuite décidé de le rendre obligatoire dans les rues.


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Après l'apprentissage de la bonne façon de le porter et la quête d'astuces pour qu'il tienne en place au fil de la journée ou qu'il ne génère pas un écran de buée devant les yeux de ceux qui portent des lunettes est venu le temps de l'agacement. Contre ceux qui ne le portent pas, d'abord, pour être ensuite élargi à ceux qui le portent mal. Car au-delà d'être l'un des gestes barrière considéré comme essentiel à la limitation de la propagation du coronavirus, le port du masque est aussi un symbole de solidarité puisqu'il protège les autres des particules que nous rejetons au quotidien.

Toujours est-il qu'après les pénuries, retards de livraison, destructions des stocks dans ce qui a été appelé à posteriori la "saga des masques" à la belge, nous avons tous fini par être un pays coutumier des visages masqués. Comment se passera la transition du tout-masque à une obligation moins stricte ? Certains garderont-ils cette habitude de sortir bouche et nez couverts ? Pas la peine d'espérer avoir des réponses à ces questions de si tôt puisque même si le vaccin est là, les experts estiment qu'on ne retrouvera pas "une vie plus proche de celle d'avant" avant l'été 2021


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Éternuer dans sa main

Vous sentez votre museau qui chatouille et l’éternuement qui pointe au bout de votre nez. Intuitivement, cela active le réflexe de positionner sa main sur sa bouche avant d’éjecter dans un grand bruit le contenu de ce qui obstrue votre canal nasal ou buccal. Décrire cette situation est peu ragoûtant mais c’était pourtant notre manière habituelle de procéder lorsque, malade, nous nous transformions en Atchoum, l’un des fidèles nains de Blanche Neige.

Proscrit dès les premiers signes du Covid-19 dans nos frontières, éternuer dans sa main est aujourd’hui une habitude que beaucoup ont laissée au passé. Dans la majeure partie des cas, c’est le coude qui fait aujourd’hui office de réceptacle à nos sécrétions lors d’un éternuement. Si bien que porter sa main à sa bouche a disparu des habitudes de nombreux Belges.

Est-ce qu’on regrette de ne plus éternuer dans ses paumes ? À vrai dire, cela importe peu mais nous pourrions continuer à utiliser l’intérieur du coude à cet effet car Covid ou pas, un grand atchoum dans la main est rarement très hygiénique. À moins de pérenniser une autre habitude acquise par beaucoup, virus oblige : un lavage des mains à chaque fois que c’est nécessaire… Et plus si affinités.

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