Connaissez-vous la crécelle, ce petit instrument en bois apprécié des enfants et qui a un rôle à jouer à Pâques ?

Utilisé comme jouet dans les années 60 ou 70 ou pour se faire entendre dans les tribunes lors d’un match de football, la crécelle est liée à la fête de Pâques dans le sud de la Belgique et en France frontalière.

Cet instrument en bois, de fabrication artisanale, produit un son sourd grâce au claquement d’une planchette contre une roue dentée. Répandue dans de nombreux pays d’Europe, la crécelle prend des noms différents en fonction des régions.


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En Belgique, les enfants des années 60 et 70 appréciaient beaucoup cet instrument au bruit soutenu, voire irritant.

Outre son côté récréatif, son usage est surtout connu pour être liturgique durant la période de Pâques. Mais la crécelle a un passé bien plus chargé : "Depuis les lépreux au Moyen Âge jusqu’aux marchands ambulants, en passant par l’éloignement des oiseaux, l’alerte des attaques au gaz lors des deux guerres mondiales", comme l’énumère Stéphane Colin, historien d’art au Musée des Instruments de Musique (MIM)

Remplacer les cloches

La crécelle remplace localement les cloches des églises durant les fêtes de Pâques. Dans de nombreuses régions d’Europe, on trouve des traces de cet instrument en bois et sa dénomination est même souvent liée à cette fête chrétienne.

En Belgique, elle était utilisée dans la région de Chimay, en région liégeoise et remplace toujours momentanément les cloches de certains villages dans le pays d’Arlon.

Chaque contrée en fait sa propre utilisation. Dans la région de Chimay, la crécelle remplaçait les clochettes des enfants de chœur la semaine avant Pâques. Tandis qu’en province de Luxembourg, les enfants font le tour de leur village pour sonner le matin, le midi et le soir, les trois jours précédant le dimanche de Pâques.

Le rythme de vie était influencé par les cloches

"Cela remplaçait les cloches qui ne sonnaient pas du Jeudi saint jusqu’à Pâques. Car, au début du 20e siècle, il fallait tout de même avertir les gens qui travaillaient dans les champs. Le rythme de vie était influencé par les cloches de l’église, des enfants jouaient donc des crécelles plusieurs fois par jour pour que ces agriculteurs gardent des repères", raconte Christian Moïse, président du cercle d’histoire de Messancy-Aubange.

Par la suite, même si les montres et la radio étaient présentes, la tradition de ce rappel quotidien s’est perpétuée. "En échange, les enfants recevaient un œuf dur ou une pièce de monnaie pour le service rendu durant ces trois jours", poursuit-il.

Chasser l’hiver

La crécelle ne se limite pas aux traditions catholiques de Pâques. Sous d’autres noms, "elle a un usage païen avec le rôle de chasser l’hiver, comme en Suisse", explique Christian Moïse.

Dans certains cas, l’instrument en bois disparaît même au profit d’un déguisement orné de clochettes, comme les korenti (des personnages de carnaval) en Slovénie. "C’est l’idée de faire du bruit pour signifier le passage de l’hiver au printemps qui reste le dénominateur commun à tous les folklores", nous explique cet amateur d’histoire et de folklore à propos de cette période de l’année.

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