Comète de Halley : il y 110 ans, on croyait que la fin du monde était arrivée

En mai 1910, le passage de la comète de Halley effrayait le monde, on croyait que c’était la fin. La comète de Halley a été découverte au XVIIIe siècle par celui qui lui donna son nom, Edmond Halley. Tous les 76 ans, à peu près, elle est visible depuis la terre. Sauf que, en 1910, sa trajectoire a fait craindre le pire et a créé l’hystérie collective. Son prochain passage devrait avoir lieu en 2061.

La trajectoire qui tue

Il y a 110 ans, le passage de la comète de Halley a suscité la panique générale. Si la comète a coutume de passer près de la terre tous les 76 ans, cette fois-ci, elle a suscité la crainte et l’hystérie plutôt que l’émerveillement. En effet, selon les prévisions, on pensait que l’orbite de la Terre croiserait la queue de la comète. Et comme l’avançaient les scientifiques de l’époque, cette queue possédait un gaz particulièrement dangereux : le cyanogène.

C’est notamment l’astronome français, Camille Flammarion, qui mit le feu aux poudres. En effet, le scientifique détaille le 31 décembre 1909, quels pourraient être les effets d’une rencontre entre l’orbite de la Terre et la queue de la comète.

Et voici ce qu’il déclare : L’empoisonnement de l’humanité par des gaz délétères est possible, quoiqu’improbable. Si l’oxygène de l’atmosphère venait à se combiner avec l’hydrogène de la queue cométaire, ce serait l’étouffement général à bref délai. Si, au contraire, c’était une diminution de l’azote, une sensation inattendue d’activité physique par tous les cerveaux, et la race humaine périrait dans un paroxysme de joie, de délire et de folie universelle, probablement, au fond, très enchantée de son sort. " Pas très rassurant.

Raison vs panique

Et même si l’astronome conclut de façon rassurante en expliquant que ceci est hautement improbable, c’est trop tard. " Ces pronostics ne doivent pas, toutefois, tourmenter (inutilement d’ailleurs) les esprits inquiets. Les queues cométaires sont immenses, il est vrai, mais si légères, si raréfiées, que l’atmosphère terrestre est du plomb en comparaison. Lors même que notre globe y serait complètement immergé, nous serions sans doute protégés de tout cataclysme par notre blindage atmosphérique ", dit-il.

Mais, plus personne ne prête plus attention à cette conclusion. C’est le début de la panique. Il devra plusieurs fois expliquer que le passage de la comète ne signifie pas la fin du monde. Mais c’est trop tard.

La presse s’empare du dossier. Et, comme l’explique le site petites histoires de science, même si des scientifiques, physiciens, astronomes etc. prennent la parole et expliquent que la densité de la comète était telle que qu’il n’y avait rien à craindre, rien y fait.

Quand la presse s’en mêle

C’est la panique générale. Ici Radio Canada, explique même que quelques suicides de personnes paniquées ont été rapportés aux Etats-Unis, au Japon, en Italie et en Espagne. Le média canadien explique que si les appels au calme des scientifiques étaient nombreux, ils étaient passablement ignorés par la presse. Le journal Le Parisien titrait en 1910 " la Date fatale ", le New York Times de son côté faisait état de la présence de ce gaz dangereux, le cyanogène, dans une comète qui arrivait à toute vitesse en direction de la Terre.

Résultat, nombre de personnes passèrent la nuit dehors à travers le monde, des charlatans se firent de l’argent en vendant des soi-disant pilules contre le poison de la comète. Et pourtant, le monde n’a pas cessé d’être.

Une pluie de météorites

Une pluie de météorites d'Eta Aquarids illumine le ciel de Tasmanie. Ashton Howe nous a capturé ces images étonnantes, le 6 mai dernier.

Visible chaque année entre avril et mai, elle consiste en des réactions entre les débris de la comète de Halley et l'atmosphère terrestre, selon la NASA.

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