Coloriages pour adultes, la nouvelle voie vers la zénitude

Une mode venue de Grande-Bretagne
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Une mode venue de Grande-Bretagne - © www.peterdraws.com

Difficile de dire s’il s’agit d’un phénomène de société ou de marketing, d’un succès de librairie ou d’une vraie tendance, en tout cas le coloriage pour adultes est en train de devenir une arme nouvelle dans la panoplie censée nous aider à lutter contre le stress.

Si vous êtes de celles et ceux que les gribouillis ou, au sud du pays, les ratchatchas, aident à se concentrer lorsqu’ils téléphonent, suivent un cours ou écoutent une conférence, cette nouvelle tendance est pour vous. Ajoutez-y le trouble abandon de la régression, assumez l’exercice d’un plaisir solitaire en cette époque de tyrannie du "réseautage" et si vous n’y parvenez pas, saisissez le prétexte de l’art-thérapie (ce qui implique que vous souffriez de quelque trouble à soigner – mais on trouve toujours). Pour finir, faites main basse sur les crayons de couleur de vos enfants, et cela sans scrupules, vous savez très bien qu’ils préfèrent dessiner à l’ordinateur. Vous voici prêts à faire du coloriage.

Il ne vous manque plus qu’un dessin à colorier. Mieux : tout un livre. Mais ni Blanche-Neige, ni Bambi, ni les Schtroumpfs ne sauraient vous combler. Heureusement les éditeurs y ont pensé : voici venir les livres à colorier "pour adultes". Ce qui n’est pas (ici) synonyme de dessins coquins. Il peut s’agir de mandalas ou de thématiques culturelles mais aussi plus générales comme "Forêt enchantée" ou encore "Petites bêtes et grosses bestioles". L’offre est déjà très variée, inspirée de ce qui se fait en Grande-Bretagne depuis 5 ans. Marabout, Hachette Pratique, Dessain et Tolra et d’autres éditeurs moins connus s’y sont mis. "Jardin secret. Carnet de coloriage et chasse au trésor antistress" de Johanna Basford, s’est vendu chez Marabout à 44.000 exemplaires depuis février et Hachette annonce avoir vendu 300.000 albums… On trouve aussi des versions e-book comme ceux présentant les dessins très fouillés de Peter Deligdisch.

Bénéfice attendu ? Pour les colorisateurs (qui sont d’ailleurs en majorité des colorisatrices – les hommes doivent sans doute encore apprendre à redevenir simples) : déconnexion, calme, concentration… la voie vers la méditation. Et pour les éditeurs ? Beaucoup de sous...

Patrick Bartholomé

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