Un maire français demande que les bruits de la campagne soient reconnus "patrimoine national"

Chant du coq, coassement des grenouilles, chant des cigales, les bruits de la campagne ne plaisent semble-t-il pas à tout le monde
Chant du coq, coassement des grenouilles, chant des cigales, les bruits de la campagne ne plaisent semble-t-il pas à tout le monde - © Unsplash

Si vous habitez Bruxelles, vous avez peut-être déjà été agacé d’être réveillé par le chant du coq ou de subir le coassement intempestif des grenouilles lors d’un séjour à la campagne.

Si le bruit des vagues à la côte est devenu un fond sonore typique qui sent bon l’iode et a des airs de vacances, tous les bruits ne sont pas vus de la même façon lorsque l’on sort des grandes métropoles.

Suite à plusieurs plaintes de touristes dans son village, le maire de Gajac, dans le sud-Ouest de la France, a rédigé une lettre ouverte dans laquelle il demande de protéger ce patrimoine sonore qui lui est cher. Il demande que les bruits de la campagne soient inscrits au "patrimoine national".

"Laissez-nous vivre à la campagne ! Quand les gens se plaignent du meuglement des vaches ou du chant des coqs, ça m’est insupportable, je dis stop !", écrit Bruno Dionis du Séjour, maire de Gajac depuis 12 ans dans sa lettre publiée dans le journal communal et rapportée par France Bleu. Son village, qui en 2015 comptait seulement 386 habitants, dénombre plusieurs exploitations agricoles. "Aujourd’hui, les agriculteurs sont mis en cause parce que leurs vaches meuglent, les voisins et les vacanciers se plaignent de l’odeur et des bruits des animaux !"

Ces bruits qui indisposent…

La prise de position de cet élu local fait écho à un grand nombre d’anecdotes ayant germé dans les quotidiens régionaux. En août 2018 par exemple, le maire d’un patelin provençal aurait reçu des appels à "se débarrasser du bruit du chant des cigales" par des touristes. À chaque région son bruit "dérangeant" puisqu’en Dordogne, c’était les coassements des grenouilles qui n’avaient semble-t-il pas plu aux visiteurs. Plusieurs habitants de Grignol avaient été contraints à assécher leur mare afin de convenir à leurs voisins indisposés par le son des batraciens. À croire que les oreilles inhabituées au son de la campagne ont un vrai pouvoir décisionnel sur la vie des communes rurales.

Mais cette accumulation d’histoires qui peuvent paraître anecdotiques a fait déborder le vase déjà bien rempli du maire de Gajac. Il demande des mesures concrètes pour protéger ce qu’il reste de l’ambiance qui réside dans les campagnes françaises. Bruno Dionis du Séjour demande que tous ces petits bruits qui font le sel des régions éloignées des villes soient inscrits au "patrimoine national". Une demande dans laquelle se sont reconnus les dirigeants d’autres communes puisque de nombreux maires se sont associés à ce combat, soutenant le projet.

 

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