Ces prédictions de 2020 qui se sont révélées fausses (ou pas tout à fait vraies)

Ne jetons pas la pierre aux Nostradamus amateurs : beaucoup de choses que nous avons vécues en 2020 étaient impensables, et bien malin celui qui aurait prédit une pandémie de Covid-19, deux confinements, un port du masque devenu banal… sans parler des théories les plus farfelues (voire dangereuses) qui ont explosé durant ce millésime.

Pourtant, nombreux sont ceux qui se sont risqués, au cours de l’année, à prédire, annoncer ou promettre des choses, concernant le covid-19 ou non. L’idée était de rassurer la population… mais parfois cela n’a pas suffi.

Le Covid-19 disparaîtrait avec l’été

Une annonce claironnée par le président américain Donald Trump, habitué des sorties médiatiques et tweeteur compulsif. En février, puis en avril, il brandissait une étude de son gouvernement qui affirmait que la pandémie s’affaiblissait dans une atmosphère chaude et humide, et avec l’action du soleil. "Notre observation la plus frappante à ce jour est l’effet puissant que semble avoir la lumière du soleil pour tuer le virus, aussi bien sur des surfaces que dans l’air", avait déclaré un haut responsable du département de la Sécurité intérieure, Bill Bryan. Dès lors, Donald Trump avait enjoint sa population à "profiter du soleil".

Cette prédiction se basait sur un constat : la plupart des coronavirus disparaissent au printemps. Mais le Sars-CoV2 n’est pas exactement n’importe quel virus. "Il n’y a pas de garantie car c’est un nouveau virus. Il n’y a pas d’immunité dans la population. Ce n’est pas sûr que les températures plus chaudes et le soleil nous aident", prévenait en février le virologue belge Steven Van Gucht.


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Dix mois plus tard, force est de constater que le Covid-19 n’a pas disparu à l’été 2020. Bien sûr, on a pu noter une baisse de contaminations durant la période chaude, mais elle peut s’expliquer par d’autres facteurs, notamment les confinements stricts qui ont été imposés au printemps. "La saisonnalité n’est pas qu’une question de températures", notait en août le docteur Gérald Kierzek, médecin urgentiste français, à la chaîne LCI. "On sait que le virus est sensible à des températures très élevées qui se situent à plus de 60°C, que nous n’avons pas dans la vie courante. Et puis la saisonnalité, c’est aussi les conditions de propagation : je vis dehors ou je vis dedans…" D’autant plus, selon les scientifiques, que la chaleur a un impact sur le virus lorsqu’il est à l’air libre, pas dans le corps humain.

Il n’y aurait pas de "deuxième vague"

C’était l’espoir de beaucoup de personnes, au sortir du premier confinement : ne pas revivre la même explosion de cas et une aussi forte saturation des hôpitaux. En juin et juillet, les autorités se voulaient rassurantes : il n’y aurait pas de deuxième vague en Europe. Et puis s’il y en avait une, "nous serons prêts", avait affirmé le président français Emmanuel Macron. En août, alors que la Belgique a commencé à prendre des mesures, comme l’obligation du port du masque, plusieurs experts affirment d’ailleurs que le mot est trop fort. "Une vague, ce n’est pas un terme scientifique. Si on entend par là un pic aussi haut que le premier, alors non, je ne pense pas qu’on va en arriver là", estimait Catherine Linard, géographe à l’université de Namur, à Sudpresse.

La deuxième vague a tout ravagé sur son passage. Fin septembre, le pic de la première épidémie était dépassé, et la Belgique se reconfinait partiellement le 19 octobre. Dans certaines provinces, les hôpitaux ont rapidement été saturés, et ont dû transférer des patients venus d’Allemagne.

L’immunité collective serait un moyen d’enrayer la pandémie

Appliquer des mesures strictes pour juguler la pandémie ? Selon certains, ce n’était pas la bonne méthode. Le Royaume-Uni, par exemple, a annoncé dès le mois de mars qu’il privilégierait la stratégie dite de "l’immunité collective", ou "immunité de groupe" : selon le Premier ministre Boris Johnson, il suffisait que 60% de la population britannique contracte la maladie pour qu’elle développe cette immunité collective. Cette immunité servirait de bouclier à la minorité n’ayant pas été infectée. D’un autre côté, cette stratégie exposait fortement les plus vulnérables : "Je dois être honnête avec vous et avec le peuple britannique, avouait Boris Johnson. Beaucoup de familles vont perdre leurs proches trop tôt."


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En choisissant cette voie plutôt que de confiner tout de suite (avant de s’aligner finalement sur les autres pays), le gouvernement britannique a pris du retard au mois de mars. Un retard qui s’est vite traduit dans les chiffres : mi-avril, le pays affichait déjà un bilan de 10.000 morts du Covid-19 dans les hôpitaux, et Londres était devenu un foyer épidémique. En décembre dernier, l’immunologiste de l’ULB Eric Muraille enterrait l’idée d’une immunité collective en Belgique : "Avec un virus comme le SARS-CoV-2, il faudrait que 70% de la population soit immunisée pour que l’immunité collective joue. Actuellement, on peut estimer qu’on est à 20% au grand maximum."

On connaîtrait rapidement le vainqueur de la présidentielle américaine

Si la pandémie a accaparé une grande partie de l’actualité de 2020, il ne faut pas oublier un autre événement aux conséquences planétaires : l’élection présidentielle américaine, qui a eu lieu le 4 novembre. À ce sujet, et même si les sondages ont très tôt donné le démocrate Joe Biden gagnant face au sortant Donald Trump, ce dernier s’est toujours dit confiant dans sa réélection. Pourtant, c’est bien Joe Biden qui a remporté l’élection en novembre… après de nombreuses péripéties.

Le magazine Politico a d’ailleurs noté que ces élections ont été justement l’occasion pour beaucoup de faire avec beaucoup d’aplomb toutes sortes de prédictions. "Nous saurons ce soir à dix heures du soir exactement le vainqueur de cette élection", clamait le démocrate James Carville sur MSNBC le 2 novembre. "Donald Trump agira et parlera comme un grand président doit le faire, qu’il perde ou qu’il gagne", affirmait de son côté le républicain Mick Mulvaney. On sait ce qui s’est ensuivi.

Les Jeux Olympiques de Tokyo auraient bien lieu

Comme tous les quatre ans, l’événement sportif de l’année, c’était les Jeux Olympiques de Tokyo, qui étaient au calendrier à la date du 24 juillet et jusqu’au 9 août. Dès le début de la pandémie, la question de leur maintien a été sur la table des organisateurs. Le 5 février, le comité japonais se disait inquiet, et plusieurs fédérations annonçaient qu’elles n’enverraient pas d’athlètes. Pourtant, le CIO (comité international olympique) estimait que "l’annulation n’était pas à l’ordre du jour".

Un mois plus tard, sous la pression de plusieurs comités et du Premier ministre japonais, le CIO annonce que les Jeux ne se tiendront pas à la date prévue, mais qu’ils seront reportés à l’été 2021. Un scénario qui pour le moment tient toujours… pour le moment.

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