Bruxelles: une rue enneigée à cheval sur deux communes, donc à moitié salée

Une trace dans la neige montre que les automobilistes ont dû faire demi-tour en arrivant sur la partie enneigée.
Une trace dans la neige montre que les automobilistes ont dû faire demi-tour en arrivant sur la partie enneigée. - © Emile Schmieman‎

Vous avez peut-être vu passer cette photo sur les réseaux sociaux. Elle montre une situation surréaliste en plein Bruxelles et fait beaucoup rire de nombreux internautes.

La photo date de ce weekend, quand Bruxelles s’est réveillé sous un manteau blanc. Sur le cliché pris par un bruxellois (voir ci-dessus), on voit l'avenue Emile Duray (face à l'abbaye de la Cambre) dont une partie a été salée, alors que l’autre partie de la rue est recouverte de neige. Vu la trace dans la neige, on imagine qu'il s'agit de celle du camion d'épandage qui aurait fait demi-tour.

Comment expliquer cette situation surréaliste ? Il s’agit en fait d’une raison territoriale. La rue en question est située à cheval sur les communes d’Ixelles et de Bruxelles-ville. "Les territoires des communes de Bruxelles sont limités et s’arrêtent parfois au milieu des routes, c’est très fréquent, explique Viviane Teitelbaum, échevine de la propreté publique à Ixelles. L’organisation est telle que pour le nettoyage ou l’épandage, nous nous arrêtons à la frontière de la commune. Ce qui donne ces scènes assez surréalistes".

Accords intercommunaux, mais pas pour l'épandage

Cela explique donc pourquoi une partie de la route (celle située à Ixelles) a été salée, alors que l’autre partie (celle située sur Bruxelles-Ville) ne l’était pas encore au moment où la photo a été prise. Il ne s’agit donc pas d’une négligence ou d’un manque d’effort supplémentaire de la part des services d’épandage de la commune d’Ixelles. Ils ont tout simplement respecté les consignes. "Pour le nettoyage, nous avons des accords intercommunaux concernant certaines rues, reprend Viviane Teitelbaum. Pour l‘épandage, il n’existe pas d’accords. Nous sommes donc obligés de stopper à la frontière, sinon il n’y a pas de limite".

Pour éviter des situations comme celle visible sur la photo, il faudrait que les communes qui ont des rues en commun s’asseyent autour d’une table avec un cadastre de toutes ces rues et, pour chaque rue, qu’elles décident qui est en charge de l’épandage. Selon l’échevine, il y a tout de même quelques exceptions : "quand une rue a son début sur la commune d’Ixelles, qu’elle passe par une autre commune et puis revient sur Ixelles, nous assurons l’épandage sur l’entièreté de la route". Un raisonnement qui semble aller de soi même si la loi n’oblige pas la commune d’Ixelles à assurer l’épandage en dehors de son territoire. Cela n’empêche tout de même pas d’obtenir des situations absurdes comme celle sur que l’on peut voir sur la photo.

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