Avions, drones… ces méthodes mises en place à Dubaï pour faire pleuvoir sur commande

De la pluie en plein été, à Dubai, ce n’est pas de la fiction, c’est de la science. Les autorités du pays ont entrepris de créer de la pluie artificielle grâce à des techniques un peu particulières. Le but : faire pleuvoir dans un pays où les températures tournent autour des 40 degrés.

En pratique, des avions équipés de fusées remplies notamment de cristaux de sel sont envoyés vers les nuages. De quoi augmenter la condensation en altitude… et provoquer des chutes de pluies sur commande.

"Si nous avons un courant d’air ascendant léger, nous tirons généralement une ou deux fusées. Si nous avons un fort courant d’air ascendant, nous en tirons quatre, parfois six, dans les nuages", explique Mark Newman, copilote au centre national de météorologie des Emirats arabes unis

Il ajoute : "C’est fantastique, nous sommes en communication avec les techniciens par radio et dès qu’il y a de la pluie il y a beaucoup d’excitation."

Depuis plusieurs années, la Chine, les Etats-Unis, la France et les Emirats arabes unis cherchent à maîtriser les précipitations.
un enjeu avant tout économique

"Je me souviens qu’en 2010 ou 2009 il y a eu de grosses averses dans les Emirats et nous avions fonctionné à plein régime, raconte Omar Al-Yazeedi, directeur de recherche au centre national de météorologie des Emirats arabes unis. En comparant cette quantité de pluie à la production d’eau d’une usine de dessalement, des études ont montré que ça avait été l’équivalent de neuf années de production d’une usine."

Des drones pour faire pleuvoir

D’autres idées sont à l’étude. Avec des drones cette fois. Leur rôle : envoyer des chocs électriques dans les nuages pour provoquer la pluie. De cette façon, explique Keri Nicoll, chercheuse à l’université de Reading (Angleterre) qui travaille sur ce projet, "on charge ce qui est déjà présent" dans les nuages.

La technique, détaillée dans un article scientifique publié en janvier dernier, est moins chère que l’ensemencement de nuages classique. Pour Keri Nicoll, il pourrait même être envisageable de combiner les deux méthodes. Comme elle l’explique dans une vidéo publiée sur la chaîne YouTube de The National News (voir ci-dessous), "si vous pouvez charger les particules émises par l’avion avec pilote, cela pourrait les rendre plus efficaces pour produire de la pluie". Et de conclure : "Je pense qu’il y a moyen de combiner cette technique avec celle qui existe déjà pour améliorer les choses."

Seul problème qui reste à régler, au sol celui-là : le pays lui n’est pas encore habitué à ce type de météo. Certains conducteurs cessent de rouler quand il pleut et les égouts ne sont pas conçus pour accueillir la pluie.

 

Sujet JT du 25 août 2021

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