Avec ces chaussures, plus besoin de skis ou de snowboard pour glisser à la montagne

Ces chaussures se portent sur une piste de ski classique, au milieu des skieurs et snowboarders
5 images
Ces chaussures se portent sur une piste de ski classique, au milieu des skieurs et snowboarders - © B. Schmitz - RTBF

La vue est on ne peut plus surprenante. Vous êtes sur une piste à la montagne en train de descendre en ski ou en snowboard et tout d’un coup, une personne vous croise. Elle glisse, va à la même vitesse que vous, sauf qu’elle n’a pas de bâtons et qu’aux pieds, elle n’a que des chaussures. Rien en dessous.

Mais en y regardant de plus près, on distingue de toutes fines spatules collées directement sous ce qui ressemble à des chaussures de ski on ne peut plus ordinaire. Ces chaussures, c’est un concept nouveau qui débarque petit à petit en Europe. Un concept inventé en 2013 par deux frères norvégiens qui, justement, avaient envie de nouveautés sur les pistes.

Du patin sur des pistes de ski

Mais quelles nouveautés ? En fait, ces chaussures se « conduisent » exactement comme des patins à roulettes ou des patins à glace. La position à adopter est donc un peu différente que pour le ski.

Ici, pas question d’être penché vers l’avant puisque l’avant de la spatule remonte et agit un peu comme un frein. Et en pleine descente, pas besoin de grand dessin pour imaginer le résultat, en cas de révérence un peu trop appuyée en avant. Par contre, la prise en main est assez rapide. Nous l’avons testé, il suffit d’une petite demi-heure et quelques descentes pour comprendre le fonctionnement. Ensuite, place à l’imagination.

Au Canada, avant d’arriver en France

« L’avantage, c’est qu’on peut aller partout avec. Aussi bien sur du plat, qu’en descente. Il suffit à chaque fois de bouger comme si on faisait du patin. Idem pour un saut, la réception est plus stable ».

La personne qui explique cela, c’est le tout jeune préposé à la location de ski dans la petite station canadienne d’Asessippi, dans le Manitoba. Une des premières du Canada à avoir proposé ces drôles de chaussures à la location à ses visiteurs.

« C’est l’un de nos membres qui a vu une vidéo avec ces patins sur internet. Nous avons alors pris contact avec la firme et on a décidé de tenter le coup ». Résultat : les visiteurs ont encore un peu de mal à délaisser les skis pour essayer ces chaussures particulières. « Le plus dur, c’est d’oser s’y mettre la première fois », confirme ce jeune skieur d’un jour. « Moi j’ai essayé il y a quelques jours et c’est sûr aujourd’hui je vais à nouveau louer ça. Je ne sais pas trop vous expliquer pourquoi. On a l’impression de ne pas avoir de skis au pied et les mouvements sont naturels. En clair, on fait un peu ce qu’on veut sur la neige ».

Ne pas être considéré comme un piéton pour pouvoir prendre les remontées mécaniques

Le Canada, les Etats-Unis, mais aussi la Chine ont été les premiers marchés visés par les fondateurs de ce concept. Mais depuis quelques mois, ils arrivent aussi en France. « Le plus dur, c’est de convaincre les stations », confie Léo Dutruel, qui s’occupe de la marque en Savoie et en Haute Savoie.

« En fait, il faut à chaque fois obtenir l’autorisation de la station de ski. En théorie, les piétons sont interdits sur les remontées mécaniques. Du coup, il faut convaincre les stations pour qu’elles accordent à ces chaussures le même statut que des skis ou des snowboards. Or, on se heurte parfois à un certain conservatisme de la part des stations et une résistance des loueurs de matériel » traditionnels «. Il faut donc pas mal démarcher et faire essayer si on veut convaincre. Et il faut le faire avec chaque station ».

En France, les chaussures ont eu la chance initiale d’être assimilées directement à des skis par les autorités des fédérations de sport d’hiver. « Parce que les spatules de ces chaussures ont des carres, contrairement aux patinettes que vous clipsez sur des chaussures de skis traditionnelles. L’autre grand changement, c’est le confort. Ces chaussures sont flexibles au niveau du coup de pied et sont rembourrées à l’intérieur. D’où une sensation totalement différente d’une chaussure de ski classique ».

80 km/h en marche arrière

Quant aux performances, les responsables de la marque affirment avoir déjà atteint la vitesse de 120 kilomètres par heure avec ces chaussures au pied. Et même 80 km/h… en marche arrière ! Plus étonnant, ces chaussures ont aussi permis de développer un autre sport nouveau : le hockey sur neige. La même chose que du hockey sur glace, mais pratiquée en plein milieu d’une station de ski sur un tapis neigeux.

Si cela vous tente sachez qu’une bonne trentaine de stations autorisent l’utilisation de ces chaussures actuellement en France, notamment dans l’Espace Diamant où un loueur de matériel traditionnel de sport d’hiver vient tout juste de s’équiper. Il espère que ces chaussures, baptisées « Sled Dogs » (« chiens de traîneau », en anglais) vont créer le buzz et être LE succès de cet hiver.

A l’achat, cela coûte le prix d’une bonne paire de chaussures de ski, soit environ 200 euros en entrée de gamme et 400 euros pour le modèle les plus onéreux. De quoi susciter pas mal de regards curieux des autres skieurs sur les pistes. De quoi peut-être aussi faire changer d’avis ceux qui, comme Josiane Balasko dans le film « Les Bronzés font du ski », considèrent les chaussures de ski et les sports d’hiver comme une torture pour les pieds.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK