Aux origines de la fête du travail, le socialisme à l'américaine

Le premier mai est devenu un évènement essentiellement médiatique selon Jean Puissant (ULB)
Le premier mai est devenu un évènement essentiellement médiatique selon Jean Puissant (ULB) - © AFP

Le 1er mai est un jour férié. Une journée traditionnellement occupée par des meetings politiques. Aujourd'hui, plusieurs partis et syndicats vont célébrer les travailleurs. Mais au départ, il s'agit d'une fête socialiste. Et américaine. Elle est apparue à la fin du 19ème siècle.

1886, Chicago. Le premier mai, des ouvriers font grève aux usines Mac Cormick. ils réclament une diminution du temps de travail. La répression sera très violente.

En 1889, l'international socialiste choisit cette date pour lancer une journée en faveur de la diminution du temps de travail.

Jean Puissant, historien et professeur émérite à l'ULB revient sur le contexte de l'époque : "Le congrès socialiste interlational décide de faire du 1er mai une journée de lutte en faveur des "3 X 8" : huit heures de travail, huit de repos et huit de loisirs. Ce sera l'une des grandes revendications du mouvement ouvrier avant 1914".

Au départ dans les pays occidentaux, c'est un jour chômé pour les travailleurs qui décident de s'y associer. Le premier mai devient férié en Belgique en 1946, à la demande du ministre socialiste Léon-Elie Troclet.

La fête du travail perd peu à peu sa charge revendicative. Les mouvements socialistes ne sont d'ailleurs plus les seuls à s'exprimer aujourd'hui. Depuis 30 ans, les libéraux célèbrent également le 1er mai.

Selon Jean Puissant, "le 1er mai dans notre pays est devenu principalement un évènement de type médiatique"

Le premier mai a aussi des origines profanes. Dans de nombreux pays, c'est le symbole du passage de l'hiver aux beaux jours, comme en témoigne encore la tradition du muguet.

Baptiste Hupin

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