Astéroïdes géocroiseurs: maximum 20% sont détectés

L'ex-astronaute Edward Lu veut sauver la Terre de l'Armaggedon, mais pas à la manière de Bruce Willis.
L'ex-astronaute Edward Lu veut sauver la Terre de l'Armaggedon, mais pas à la manière de Bruce Willis. - © NASA/Bill Ingalls

Régulièrement, un caillou venu du fond de l’espace croise l’orbite de la Terre et parfois s’y écrase. Des recherches récentes montrent que cela arrive plus souvent qu’on le croyait. Un scientifique plaide pour mettre en orbite un télescope de surveillance.

C’était en février dernier à Tcheliabinsk en Russie : lors de sa chute sur Terre, un astéroïde a fait plus de 1500 blessés et de nombreux dégâts aux bâtiments, rien qu’avec l’onde de choc de son explosion dans l’atmosphère. Car l’impact au sol lui-même n’a eu aucune conséquence si ce n’est un trou de 8 m de diamètre dans la glace du lac Tchebarkoul.

On pensait généralement que ce type d’événement n’arrivait en moyenne que tous les 100 à 200 ans. Or de nouvelles données révèlent à présent qu’un tel caillou nous tombe sur la tête tous les 10 à 20 ans. Souvent de manière inaperçue car ils explosent et se vaporisent dans le ciel, puis seuls de petits débris atteignent la surface de la Terre. Laquelle est majoritairement faite de… mers.

Le Dr Peter G. Brown, professeur de physique et d’astronomie à l’université du Western Ontario est l’auteur de deux études sur la question. Le New York Times explique qu'il a eu accès à des données de mesures effectuées par l’Armée de l’Air américaine effectuée depuis les années 60 pour vérifier que le moratoire sur les essais nucléaires souterrains était respecté par les autres pays.

Ces enregistrements ont capté une soixantaine de cas de grondements atmosphériques à basse fréquence provoqués par des explosions d’astéroïdes. La plupart étaient de petite taille, mais les données montrent aussi que des astéroïdes plus volumineux atteignent plus fréquemment la Terre que ce que la seule observation du ciel pouvait donner à penser.

La plupart nous échappent

"En réalité, les astronomes ne détectent que 10 à 20% des astéroïdes géocroiseurs de cette taille", affirme dans le New York Times le Dr Edward T. Lu, un ex-astronaute de la NASA. Ce scientifique est à la tête de la Fondation B612 qui récolte des financements pour installer Sentinel en orbite, un télescope capable de repérer les petits astéroïdes dangereux.

"Un astéroïde d’un kilomètre de diamètre signifie la fin de la civilisation", explique le Dr Lu. "Celui de Tcheliabinsk mesurait 20 m. Un autre, deux à trois fois plus grand, a explosé en Sibérie en 1908, abattant des millions d’arbres. Le télescope en orbite que nous voulons installer détectera les objets de 150 m et aussi de bien plus petits. Un astéroïde de cette taille peut effacer de la carte une ville de la taille de New York, ou faire 50 millions de morts, ou faire s’écrouler l’économie pendant un siècle ou deux."

Une commission des Nations Unies étudie le problème depuis quelque temps et le mois prochain, l’Assemblée générale adoptera probablement deux de ses recommandations : établir un réseau international d’alertes astéroïdes où les pays pourraient échanger des informations, et impliquer les agences spatiales du monde entier pour mettre en place un groupe d’experts qui explorerait les technologies capables d’infléchir la course des astéroïdes dangereux.

Patrick Bartholomé

 

 

 

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