Année bissextile? Que cache ce nom? Pourquoi ajoute-t-on un 29 février?

Et, un jour, le 23 février fut dédoublé...
Et, un jour, le 23 février fut dédoublé... - © ELISABETH CALLENS - BELGA

Un petit coup d'œil sur le calendrier nous le confirme: nous sommes le 29 février, une journée que nous ne connaissons que tous les 4 ans. 2016 est une année bissextile, un jour de plus pour rattraper la différence entre le calendrier grégorien et le calendrier lunaire. Mais d'où vient l'expression "année bissextile". Réponse de Jacques Mercier, notre monsieur Dictionnaire.

" Ca ne vient évidemment pas de sexe, ni de textile, mais d’un mot latin : de bis (deux fois) et sextum (sixième). Le mot a été utilisé par César quand il a établi son calendrier Julien, comme Jules César. Il venait du cycle lunaire et il est arrivé en cycle solaire, donc il devait ajouter un jour. Il a alors demandé conseil et on lui a dit que le meilleur moment se situait vers la fin février. César a choisi le 23 février, mais on ne pouvait pas ajouter de date. Il ne voulait pas. C'est alors que le 23 février a été doublé. Bissext était le premier mot, qui a disparu, et bissextile pour l’année."

366 jours tous les quatre ans ou presque

Mais pourquoi rajoute-t-on un jour à l'année tous les 4 ans? Et bien cela est dû au fait qu'une année calendaire n'a pas la même durée qu'une année solaire .

En effet, la terre tourne autour du soleil en 365 jours et environ ¼ de jour. Au terme de la journée du 28 février il manque à notre planète ¼ de jour pour boucler une révolution complète autour du soleil. L'année suivante, il manquera 2/4 de jour, soit ½ journée. Puis ¾ de jour l'an qui suit, ensuite 4/4 de jour soit une 1 journée complète au bout de 4 ans.

Voilà pourquoi nous rajoutons une journée à 365 jours tous les 4 ans depuis depuis Jules César. Cette date supplémentaire permet en quelque sorte de boucher le trou entre le rythme journalier de la Terre et son périple annuel. Si cette date s'ajoute à la fin février, c'est que chez les Romains cela correspondait à la fin de l'année.

C'est donc le calendrier julien de César qui a permis de synchroniser année solaire et année calendaire. Si on ne rajoutait pas ce 29 février, au bout de 4 ans, le mois de mars commencerait 1 jour plus tôt. Au bout d'un siècle on obtiendrait déjà un mois de décalage entre le calendrier et les vraies saisons. On fêterait Pâques en plein hiver et Noël à la Toussaint et la pagaille augmenterait de siècle en siècle. Mais ce 29 février rajouté n'a pas tout réglé. Dans le calendrier julien, en rajoutant de la sorte le 29 février tous les 4 ans, on obtenait une année moyenne de 365 jours et ¼ de jours autrement dit, 365 jours et 6 heures. Or le temps d'une révolution complète de la terre autour du soleil est de 365 jours, 5 heures et un peu plus de 48 minutes. Une différence d'11 minutes environs.

Si bien qu'à la fin du 16ème siècle, on avait accumulé 10 jours de trop. C'est pourquoi le pape Grégoire XIII supprima ces 10 jours en 1582 et on passa directement du 4 au 15 octobre.

Pour éviter que le même décalage recommence, on décida de ne pas ajouter de jour bissextile aux années de fin de siècle, comme en 1700, 1800 et 1900. Par contre on conserve ce jour tous les 400 ans. C'est pourquoi nous avons eu droit à un 29 février 2000.

Ce réglage sophistiqué est une particularité de notre calendrier Grégorien. Dans lequel l'année moyenne dure 365,2425 jours (quand un cycle terrestre prend 365,2422 jours). Un micro-décalage persiste donc avec une année un peu trop longue engendrant un surplus de 3 jours sur une durée de 10 000 ans.

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